30/04/2016

Résistances juives: la Table Ronde de ce matin au Salon du livre

Le rôle des Juifs pendant la seconde guerre mondiale a longtemps été méconnu.

Les différents mouvements de Résistance juive ont cependant existé et furent très actifs pendant la seconde guerre mondiale en France.

Ce matin aura lieu une Table Ronde sur ce sujet sur le stand de la CICAD, G751, au Salon du Livre de Genève, suivi de séances de dédicaces.

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26/05/2014

Le CERN fête ses soixante ans en "beauté"

Ce week-end le CERN fêtait avec ses voisins de Genève et du Pays de Gex ses soixante ans. Des milliers de curieux ont pu descendre dans les souterrains et les grottes qui sont habituellement interdits au public et même aux scientifiques. A Ferney on pouvait visiter l'expérience de beauté sur le Grand collisioneur de hadrons.  Galerie de photos par Jeremy Spierer

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02/05/2014

70 ans après la Libération comment transmettre l'indicible


Salle des fêtes de Carouge hier soir 28 avril 2014.

Les témoins directs de la Shoah disparaissent les uns après les autres. L'importance des témoignages écrits ressort de façon encore plus frappante chaque année.

L'invité d'honneur de cette cérémonie était le Dr Henri Borlant qui a témoigné de sa déportation à Auschwitz alors qu'il n'était âgé que de quinze ans. Des six mille enfants juifs déportés de France en 1942 vers les camps d'extermination nazis, il est le seul survivant.

Agé aujourd'hui de quatre-vingt-sept ans il témoigne dans les écoles de la barbarie nazie. Il sera aujourd'hui au cycle d'orientation du Renard et parlera avec les élèves de ce collège.

Le fait que ses parents juifs l'aient fait baptiser et qu'il ait été en 1942 catholique pratiquant ne l'a pas protégé de la déportation vers le camp d'Auschwitz-Birkenau. Les quelques membres de sa famille déportés en même temps que lui n'ont pas survécu mais il a eu la chance de retrouver sa mère et quelques frères et soeurs qui ont pu survivre cachés par des Justes français. Vers la fin de la guerre il a été transféré dans deux autres camps successivement. Il a pu s'évader la veille de la libération de son camp par les Américains. Lorsque les Américains sont arrivés, c'est lui et un autre camarade qui leur ont appris la vérité sur ce camp et les ont amenés à l'intérieur. Les Américains ont alors découvert l'ampleur du massacre et l'ont fait connaître au monde.

Son histoire est racontée dans son livre publié aux éditions du Seuil: "Merci d'avoir survécu"

Le Dr Borlant a répondu à des questions posées par des jeunes de l'école Girsa et a entre autres révélé qu'il n'y avait pas de stratégie pour survivre. Confronté à ce cauchemar il fallait improviser en permanence. Pour ce jeune de quinze ans et pour tous les autres déportés, ce fut l'horreur totale, la faim, la souffrance, les coups, les assassinats.

Les comédiennes Marie-Christiane Barrault et Guila Clara Kessous ont également lu des extraits de journal d'une jeune femme juive néerlandaise Etty Hillesum. Etty est née en 1914 aux Pays-Bas et est décédée le 30 novembre 1943 à l'âge de 29 ans. Elle a écrit des lettres depuis le camp de transit de Westerbork avant d'être également déportée et assassinée. Sa dernière lettre a été glissée dans une fente d'un wagon à bestiaux qui l'emmenait vers Auschwitz-Birkenau. Trouvée par un paysan près de la voie ferrée et transmise ensuite à son destinataire elle nous est parvenue. Ce témoignage était très dur à entendre car elle nous parle dans ses lettres de ces dizaines de milliers de  Juifs néerlandais, hommes, femmes et enfants, souvent des orphelins, déportés - pendant que le soleil continuait à briller et la nature à sourire.

Lorsqu'on sait qu'à l'arrivée à Auschwitz le train s'arrêtait au bout de rails et que les déportés étaient poussés en dehors des wagons par des Nazis qui hurlaient en allemand et qui avaient des chiens-loups qui essayaient de mordre les pauvres gens, on imagine l'horreur indicible qu'ont vécus un court moment ces pauvres enfants arrivés seuls.

Un court instant car dès leur arrivée les déportés étaient séparés en deux groupes. Ceux qui entraient dans le camp et ceux qui n'y entraient pas. Ceux-ci étaient immédiatement gazés dans les cheminées du camp qui se mettaient alors à fumer pendant quelques jours.

Un enfant a demandé au Dr Borlant s'il avait eu des séquelles après la Libération de son passage dans les camps.

Celui-ci a répondu qu'effectivement il a longtemps fait des cauchemars comme nombre d'anciens déportés. Il reste aussi plus sensible à la violence et ne peut visionner des films violents.

Il a également souligné l'importance de la démocratie et de la mémoire pour que ne se produisent plus de tels drames dans le futur.

Des membres de la communauté arménienne et rwandaise étaient également dans l'assistance et ces deux génocides ont également été évoqués.

Par ailleurs la cérémonie a été ponctuée par de la musique juive jouée par le groupe Hotegezugt, le chant des Partisans a été chanté par la chorale de l'école Alliance-Girsa dirigée par Madame Sarabella Benamram.

Diverses allocutions ont été prononcées : Par: Monsieur Nicolas Walder, Maire de Carouge, Monsieur Serge Dal Busco, Conseiller d'Etat de la République et Canton de Genève, Monsieur l'ambassadeur d'Israël, Monsieur Joël Herzog, Président du comité d'organisation de Yom Ha Shoah, Maître Ron Aufseesser.

Lors de son discours, Monsieur Joël Herzog, nous a relaté des incidents préoccupants et a relevé que l'antisémitisme augmente un peu partout dans le monde. 

Les Rabbins des communautés juives de Genève ont chanté le El Male Rahamim et le Kaddish . 

Six bougies ont été allumées en mémoire des millions de victimes de la Shoah par des survivants et des résistants, accompagnés de jeunes ou de leurs petits-enfants. ( Madame Angel, Monsieur Klaus Appel, Monsieur Herbert Herz, Madame Danielle Morris, Monsieur David Planer, Madame Noëlla Rouget)

La mémoire de Monsieur Otto Klein, ancien déporté, a été rappelée. Il avait été déporté en même temps que son frère jumeau et torturé par le médecin nazi Joseph Mengele.

Le 27 novembre 2002, il accompagnait les participants du voyage de la CICAD à Auschwitz-Birkenau. Il avait alors déclaré:

"Pendant des mois, alors âgé de 12 ans - sous expérience médicale comme jumeau du Dr Mengele - je me trouvais à quelques mètres du bâtiment crématoire numéro trois, et je pouvais observer les milliers de personnes entrer et ne jamais ressortir vivants. Les seuls signes de leur tragique destin étaient les flammes de la cheminée, la fumée et … l'odeur."

Tant qu'il a été en vie il a considéré comme son devoir de témoigner, tout comme le Docteur Henri Borlant, Monsieur Herbert Herz, Madame Ruth Fayon z''l, Madame Angel et tant d'autres.

Souvenons-nous également de ces Justes parmi les Nations qui ont aidé le peuple juif au péril de leur vie et à qui nous sommes si reconnaissants.

Et parmi eux, les Justes suisses .

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07/03/2014

Rock stars à Nyon ce soir!

La tournée internationale de Crimson Projekct s'arrête à  Nyon ce soir.

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09:02 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

24/11/2013

20ème rencontre autour du livre savoyard ce dimanche à Thonon

Vous êtes à la recherche d'une activité ce dimanche pour vous évader de la grisaille, du froid et du vent? 

Venez en famille au Salon du Livre organisé par la Fondation du Château de Ripaille à Thonon, ce dimanche 24 novembre de 10h à 18h. Avenue de Ripaille 83, 74200 Thonon-les-Bains.

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18/06/2013

Genève cité de l'amour éphémère

Animation inattendue au Jardin Anglais en ce lundi 17 juin. Deux photographes attendaient les touristes pour les photographier avec les lettres LOVE. Les touristes et les passants se sont laissés prendre au jeu sans se poser trop de questions...

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16/04/2013

Annemasse honore ses "Justes parmi les Nations" le 28 avril

Jean Deffaugt, Juste parmi les Nations, Annemasse, Guerre, Enfants juifs

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09/04/2013

Commémoration émouvante de Yom Ha Shoah à Carouge 2013

Cette année s'est déroulée encore une fois la cérémonie de commémoration de la Shoah. Pour la troisième année consécutive cette soirée avait lieu à la Salle des Fêtes de Carouge. Le soulèvement du Ghetto de Varsovie s'est passé il y a exactement 70 ans. Un hommage particulier était rendu aux enfants dans la Shoah, un million et demi d'enfants juifs et tsiganes ayant été assassinés sauvagement par les nazis.

La soirée était particulièrement émouvante avec les allocutions de M. Joël Herzog, président du Comité d'Organisation, de l'Ambassadeur d'Israël, des Autorités genevoises: Mme Jeanine de Haller, Maire de Carouge et Monsieur Charles Beer, Président du Conseil d'Etat. Des intermèdes musicaux par le groupe Hotegezugt ont contribué à l'émotion ainsi que les allumages de bougies par des survivants de camps de concentration, des Résistants  et des anciens enfants cachés, entourés par des petits-enfants de survivants: M. Klaus Appel, Mme Ida Grinspan, M. Herbert Herz, M. Otto Klein, Mme Danielle Morris, M. David Planner, Mme Noëlla Rouget.

Mme Ida Grinspan a fait un discours poignant sur son enfance pendant la guerre, séparée de ses parents et envoyée dans une ferme dans les Deux-Sèvres, en France, arrêtée par trois gendarmes français, elle est envoyée à Drancy. 

De là elle sera déportée à Auschwitz-Birkenau où elle connaîtra l'enfer des camps.

Sur les 1500 personnes déportées dans le même train, seuls 42 parviendront en vie à la fin de la guerre. 1229 seront gazés le jour de leur arrivée dans le camp. 

Elle avait quatorze ans lors de son arrivée dans le camp et ne doit sa survie qu'au fait d'avoir paru plus âgée et apte au travail, les enfants étant gazés dès leur arrivée. Mme Ida Grinspan a livré un témoignage bouleversant. Elle témoigne dans les écoles et a publié un livre chez Robert Laffont en 2002: "J'ai pas pleuré" (co-auteur: Bertrand Poirot-Delpech).

Les Rabbins des Communautés juives de Genève ont récité le Kaddish et le Rabbin Jacob Tolédano a chanté la prière pour les morts "El Male Rahamim". A la fin de la cérémonie il a également chanté le chant des Partisans en yiddish et en hébreu.

De jeunes adolescents ont lu des témoignages d'enfants cachés et les acteurs M. Francis Huster et Mme Guila Clara Kessous ont interprété la pièce de M. Jean-Claude Grumberg: "Maman revient pauvre orphelin", sur les traumatismes de la Shoah sur les enfants de survivants, même quand ceux-ci arrivent à l'âge adulte.

Un hommage aux 73 Justes suisses a aussi été rendu, c'est eux qui rendent l'espoir à l'humanité. Rappelons que l'Etat d'Israël décerne par l'intermédiaire de l'institut Yad Vashem de Jérusalem la Médaille des Justes parmi les Nations. Yad Vashem fête cette année ses 50 ans d'existence et a décerné   plus de 24 000 médailles des Justes parmi les Nations, dans 41 pays.

Qui sauve une vie sauve l'univers tout entier.

La cérémonie commencée à 19h30 s'est terminée dans le recueillement à 22h.

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16/09/2011

Iphone quand tu nous tiens...

Qui n'a pas encore de téléphone portable? De Natel comme on dit à Genève. Quelques irréductibles résistent encore et toujours à la tentation d'un acheter un parce qu'en fait... Cela ne les tente pas du tout. Leur nombre s'amenuise car l'un après l'autre ils finissent par craquer sous la pression sociale qui exige d'être joignable à toute heure. Surtout il faut répondre le plus vite possible. Chaque utilisateur a sa marque de téléphone préférée et essaie de convaincre ses amis qu'il ou elle a fait le meilleur choix: son téléphone est le plus performant du marché.

Après avoir été une inconditionnelle de la marque Nokia, j'ai fini par changer en septembre 2010, conseillée par mon fils cadet très éclairé en matière d'informatique et gadgets en tous genres.

J'ai alors acheté un Iphone. Mon premier Iphone... Car en 1 année j'en ai usé cinq!

Le premier a été changé le lendemain de l'achat: le bouton central de commande restait bloqué et il fallait éteindre le téléphone chaque fois qu'on voulait changer d'application.  Les Iphones, comme les autres smartphones, sont bourrés d'applications plus ou moins utiles et plus ou moins payantes... C'est très facile de devenir addict...

Apple Store a montré son efficacité en changeant sans problème ce premier téléphone contre un autre, puis deux semaines plus tard contre un troisième, une autre panne ayant fait son apparition. Quelques mois plus tard le troisième Iphone était changé par le quatrième (plus personne ne m'entendait, ce qui est quand même embêtant lorsqu'on téléphone...

Le quatrième m'a été volé à l'aéroport en juillet 2011 et le cinquième (racheté en toute urgence grâce à une prolongation d'abonnement) vient de m'être volé il y a quelques jours.

Et voici que l'immoralité fait son apparition. En effet j'ai découvert qu'un voleur de Iphone peut impunément aller au service technique d'Apple Store et se faire changer le téléphone volé par un autre Iphone tout neuf!!!

Les employés d'Apple, bien que prévenus du vol du téléphone et en présence du rapport de plainte effectué auprès de la police, ne peuvent pas intervenir et n'ont pas le droit de prévenir la police, même à la demande de la personne lésée.

Cette situation n'est pas pour faire décroître le vol des Iphones... Marché fort juteux.

Et la question reste: dois-je m'acheter encore un Iphone?

Depuis que je ne l'ai plus, j'ai redécouvert le plaisir de la balade du chien en compagnie d'un bon livre... et l'impression de ne plus être en attente de la sonnerie du téléphone...  Ne reste plus qu'à prévenir tous les amis qu'on redevient un sauvage inadapté du monde moderne. Avec quel plaisir!

13/09/2011

Naissance de l'Association Manny Samuel

L'Association Manny Samuel a été créée à Bellevue le 6 mars 2011. Il s'agit d'une association à but non-lucratif qui a pour but d’éditer et de diffuser des livres en relation avec la mémoire juive et le judaïsme (Editions Manny Samuel). Elle a une mission d’information par livres, blogs, émission de radios, conférences et participation à des salons du livre. Elle relie également les chercheurs et les Résistants de la seconde guerre mondiale.

C'est désormais les Editions Manny Samuel qui ont re-publié le livre de Herbert Herz: "Mon combat dans la Résistance" et qui ont financé la publication de ce livre en anglais et en allemand. 
Les titres en sont:

en anglais: « Fighting in the French Resistance », Memories of a young German Jew  (traduction de Mme Jane Brooks)

en allemand: « Als Partisan im französischen Widerstand », Erinnerungen eines deutsch-jüdischen Widerstandskämpfers (t)raduction de Dr Hilda Malka)

Le programme scolaire intègre l'histoire de la Shoah et ces livres permettent à des jeunes et moins jeunes de rentrer dans l'histoire contemporaine de façon agréable puisqu'il s'agit d'un témoignage se lisant comme un roman d'aventure. Les lecteurs de la première édition en français ont en été convaincus puisque le premier tirage de 1000 exemplaires est épuisé et qu'il a fallu une réédition en français.

Le bilan de ces dernières années est extrêmement positif et l'intérêt est marqué, également pour les lecteurs allemands. Ceci nécessite de leur part du courage: vouloir revisiter sa propre  histoire n'est pas toujours facile. Il faut accepter de se remettre en cause.

L'association est formée de bénévoles qui mettent tous de l'énergie et du temps pour que l'histoire ne se renouvelle pas. Les moyens financiers de l'association sont minimes et l'association a besoin de fonds pour continuer sa mission éducative et de devoir de mémoire afin de pouvoir publier de nouveaux livres sur ce thème ou d'autres reliés.

Appel est donc fait à tous les généreux donateurs et sponsors pour aider à remplir la caisse de l'Association Manny Samuel. Cette aide peut aussi parvenir sous forme de commande de livres, dans la langue de son choix, français, anglais, allemand.

Pour les commandes envoyer un mail à: miouriel@gmail.com

ou écrire à : Association Manny Samuel, 8 chemin de la Chênaie, 1293 Bellevue

Pour faire un don voici le compte (postal) de l'Association Manny Samuel:

IBAN CH91 0900 0000 1219 5864 5
BIC POFICHBEXXX
Le prix d'un livre est de 29 CHF ou 21 euros, + frais de port
Actuellement le livre en français est en vente à la librairie du Rameau d'Or à Genève, à la librairie Menorah
le livre dans les trois langues se trouve au kiosque à journaux du restaurant 1 du CERN
Il sera bientôt vendu également par la centrale d'achats INTERFON
Dans le pays de Gex: kiosque à journaux du centre Leclerc, librairie du Lycée à Ferney, librairie Centrale à Ferney.
A Augsburg, Allemagne, en allemand, français et anglais: Musée Juif Augsburg
A Paris: librairie du Mémorial de la Shoah
A Grenoble: musée de la Résistance Grenoble.
A Champigny: musée de la Résistance
livre français allemand anglais.jpg
L'Association Manny Samuel tient à remercier chaleureusement Mmes Brooks et Malka pour leur traduction bénévole de cet ouvrage.
Les Editions Manny Samuel seront présentes au Salon du livre de Nancy 2011 et au Salon du livre de Francfort 2001, sur le stand de l'ASDEL, représentant les diffuseurs, éditeurs et libraires suisses.

 

15/02/2011

Qui a connu Alec Ponisovski à La Tronche?

Le professeur William B. Folkestad de l'université du Colorado, USA, effectue un travail de recherche sur Marcel Duchamp, surréaliste français. Il recherche des informations sur un ami de celui-ci .Monsieur Alexandre Ponisovski (ou Alex Ponisowski).

Voici toutes les informations connues à ce jour sur Alec Ponisovski:

Alec Ponisovski est né en Pologne, de parents juifs. Il a étudié à l'Université de Cambridge, Grande-Bretagne et est venu vivre à Paris vers 1920.

Après l'invasion de la France par les Allemands en 1940 il a vécu dans diverses villes du sud de la France, en partie en compagnie de Duchamp. Une de ses adresses fut à Monaco au 26, rue de Belgique. Il a également résidé clandestinement à La Tronche, près de Grenoble, en 1941.

Alec Ponisovski fut arrêté et envoyé au camp de Drancy le 20 février 1944. De là il fut déporté à Auschwitz où il fut assassiné le 12 mars 1944.

Ci-dessous vous trouverez sa photo.

 

Si vous avez un parent qui aurait pu le croiser ou l'avoir connu pendant la guerre ou si vous avez d'autres renseignements à son sujet, n'hésitez pas à poster vos commentaires, je les retransmettrai à Monsieur Folkestad.

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12/11/2010

Reportage à Ferney lors du 11 novembre

 

 

Une cérémonie du Souvenir DSC03983.JPG a eu lieu ce 11 novembre devant le Monument aux Morts de la ville de Ferney-Voltaire, cérémonie qui d'ailleurs se tenait simultanément dans tous les villages, villes de France.  Cette cérémonie a aussi lieu dans les pays Alliés de la seconde guerre mondiale, par exemple en Grande-Bretagne où les citoyens participent en masse et portent à la boutonnière un petit coquelicot en papier. (En effet lors de la première guerre mondiale, des coquelicots poussaient dans les champs des Flandres pendant que se déroulaient les batailles sanglantes...)

Une nombreuse assistance était venue participer et se recueillir. La cérémonie commença par la remise de diplômes d'honneur à 5 Combattants de la seconde guerre mondiale, dont certains étaient Résistants. Elle se poursuivit par la lecture de la liste des Morts pour la France au cours des guerres passées, de 1870, de la première puis deuxième guerre mondiale pour se terminer par la guerre d'Algérie. Une liste impressionnante de noms a été énoncée pour la première guerre mondiale. En effet cette guerre a été particulièrement meurtrière en raison des gaz qui ont été projetés sur les soldats et qui en ont tués un grand nombre dans d'affreuses souffrances. La ville de Ferney a perdu un citoyen pendant la guerre d'Algérie.

La cérémonie s'est poursuivie par le discours du Maire de Ferney, Monsieur François Meylan, dont je reproduis ci-dessous le discours.

Quelques instants de silence ont été observés puis la Société de Musique Municipale de Ferney a joué les quatres couplets de la Marseillaise pendant que des élèves de la classe de CM2 en chantaient les paroles devant une assemblée attentive.

Les autorités municipales ont défilé devant les Porte-drapeaux et ont ensuite convié les participants au verre de l'amitié dans le sous-sol de la Mairie.

Beaucoup d'enfants étaient venus accompagnés de leurs parents qui tenaient à les faire participer et à leur enseigner une histoire vivante tout en espérant que ces guerres ne se reproduiront pas...

Photo ci-contre: Herbert Herz tenant son diplôme d'honneur en compagnie d'un autre combattant et de sa femme.

Discours de Monsieur François Meylan, maire de Ferney:

 

On pense toujours que c’est la dernière fois.

Depuis 92 ans, depuis que le clairon a sonné à Rotonde à 11 heures, annonçant la fin d’une guerre mondiale sanglante et inhumaine, des citoyens se retrouvent annuellement devant leur monument aux morts pour commémorer la fin de la première guerre mondiale celle qui devait être la dernière.

En 1918 tous croyaient que plus jamais la France et l’Europe ne reverraient cela, que le matin du 11 novembre c’était comme un réveil après un long d’un cauchemar balayé par le retour du jour.

C’était vite oublier que le monde est habité d’hommes et de femmes qui façonnent la société en fonction de leurs intérêts et contre leurs peurs. Il en résulte le besoin d’accumuler des richesses pour une élite et accaparer le pouvoir pour préserver ces avantages souvent acquis au détriment des autres.

Puis il y eu 1939 et tout a rebasculé. Les souffrances des familles et la mort des soldats et des civils étaient à nouveau d’actualité. L’Europe, puis le monde se sont embrasés sema nt la peur et la mort. Encore…

Si nous sommes là aujourd’hui ce n’est plus pour être aux côtés des nôtres, mais pour nous souvenir de leur sacrifice et nous engager ensemble à consentir tous les efforts nécessaires pour changer.

Beaucoup ont cru que la science et le progrès seraient les remèdes à ce mal qui ronge le monde. Ils pensaient, et certains le pensent encore aujourd’hui, qu’avec la science source du progrès nous atteindrons enfin la paix et le bienêtre éternels, un e vie tous les jours plus belle.

Hélas nous devons regretter que tous les humains ne soient pas concernés de même façon par le progrès. Les hommes et des femmes de plus en plus nombreux dans nos pays développés sont touchés par la misère. Des peuples entiers sur tous les continents sont oubliés et exploités. Comment dans ces conditions leur expliquer que la paix est à nos portes, à eux qui ont souvent perdu l’espoir !

Aujourd’hui tous les ingrédients sont réunis pour que le monde explose : la crise économique, les injustices sociales, la monté du populisme, les affrontements religieux. Tout ce qui provoque la haine, la peur, le mépris de l’autre.

Une révolution politique ou technique ou scientifique ne saurait régler définitivement ces injustices. Nous en avons fait l’expérience.

 

Non, nous devons lutter les sources du mal, les peurs et les incertitudes pour le bienêtre des hommes et des femmes de la planète. Ce que le matérialisme et l’individualisme forcenés ne peuvent nous donner nous devons aller le chercher en nous-mêmes, dans l’ouverture des nos esprits.

C’est l’instruction et la culture qui sauveront ensemble le genre humain. Pas de miracle, pas ce coup décisif artificiel à attendre mais une lente amélioration des hommes. En attendant militons pour plus de tolérance et davantage de considération de l’autre. N’est-ce pas également le regard d’un être humain que nous croisons quotidiennement dans notre famille, dans les gens de notre quartier?

Nous pouvons voir circuler sur Internet des rappels pressants nous demandant de ne pas oublier, de lutter contre ceux qui nient les souffrances des conflits et surtout les martyres tombés dans toutes ces périodes de violence et de haine.

Le négationnisme progresse chaque jour, nous lui laissons le champ libre car nous avons souvent besoin de voir pour croire. Mais ceux qui sont morts ne peuvent plus témoigner alors les images de ces camps de la mort ouverts aux yeux du monde par les libérateurs de la seconde guerre mondiale mais aussi de toutes les guerres idéologiques conduites ensuite sont contestées et même combattues. Nous ne pouvons pas accepter cette guerre intellectuelle. Ce n’est pas en niant ces faits que nous élèveront nos sociétés.

Comme il est facile de tirer un trait sur la souffrance des autres et de nier les abominations!

Nous nous engageons tous aujourd’hui à ne pas oublier, à dire à nos enfants que cela a existé, que des hommes ont fait cela à d’autres hommes. Nous disons que nous travaillerons pour plus de partage et d’humanité.

 

Tel est le sens de notre présence, debout face à ce monument du souvenir.

 

Vive la république et vive la France.

 

François Meylan


 

 


 

08/11/2010

Ferney-Voltaire honore jeudi Herbert Herz

Herbert Herz, après avoir reçu la Légion d'Honneur il y a quelques années pour hauts faits de Résistance, va être honoré par la ville de Ferney-Voltaire à l'occasion du 11 novembre, en compagnie d'autres Résistants.

 

En effet l'année 2010  marque le 70 ème anniversaire des combats de 1940, de l'appel du 18 juin du général de Gaule, de la naissance de la France libre et des premiers pas dans la Résistance.

 

Dans ce contexte, le secrétaire d'Etat à la défense et aux anciens combattants, Monsieur Hubert Falcot, a souhaité exprimer la reconnaissance de la France à l'égard des combattants de la Seconde guerre mondiale et il a été décidé de remettre à chacun d'eux un diplôme d'honneur. C'est le maire de Ferney-Voltaire, Monsieur François Meylan qui a été chargé de leur remise.

 

En raison de délai d'organisation trop court pour organiser cette remise le 8 mai, il a été décidé de procéder à cette remise lors de la commémoration de l'armistice de la Première Guerre mondiale.

 

Cette cérémonie du souvenir se tiendra:

 

Jeudi 11 novembre à 11h45

au monument aux morts, Ferney-Voltaire

 

(devant la mairie)

 

Un vin d'honnneur suivra à la mairie.

 

 

Herbert Herz will receive an honour diploma as a fighter during WWII. You can assist at the ceremony thursday 11 November 11:45 at the "Monuments aux morts", war memorial, in front of the town house of Ferney-voltaire. A cocktail will follow at the town house.

26/05/2010

Le Grand-Rabbin Alexandre Safran et la Shoah

La Shoah, un temps au delà du temps

Film d’Ariel Messas -

Le Grand Rabbin Alexandre Safran (1909 - 2006) a été nommé Grand Rabbin de Roumanie en 1939, pour une communauté juive de 800 000 âmes. En décembre 2005, il accorde un long entretien pour témoigner des événements qui ont conduit à l’extermination d’une grande partie de cette communauté, mais aussi qui ont permis le sauvetage d’autres juifs. Il évoque notamment ses relations avec des autorités chrétiennes durant cette période noire. Il délivre en fin de discours une réflexion juive sur la Shoah.

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11/04/2010

Cérémonie de Yom Ha Shoah 2010 à Carouge

 

Chaque année a lieu dans le monde une cérémonie de commémoration de la Shoah. Cette année à Genève cette cérémonie aura lieu lundi soir 12 avril à la Salle des Fêtes de Carouge  (salle communale) à partir de 19h. Entrée libre, accès par trams 12, 13, 14 arrêt Ancienne.

Programme:

Commémoration de la Shoah

19h: Accueil et dédicace de livre en présence du Dr. L. CAIN, P. VALLELIAN, H. HERZ et H. WERMUS

20h: Début de la Cérémonie en présence de M. le Vice-Président du Conseil d'Etat M. MULLER et de M. Le Maire de Carouge Jean-Pierre AEBY

Témoignage du Dr. Larissa CAIN, survivante du Ghetto de Varsovie

"STONES" par la troupe ORTO-DA

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08/02/2010

Francia et Louise Labioz-Lamberlin honorées de la médaille des Justes

Dominique Dord,                                                                     Herbert Herz,

député-maire d'Aix-les-Bains et                                  délégué du Comité français Yad Vashem

le Conseil municipal                                               pour la Suisse, la Savoie et le Dauphiné


vous prient de leur faire l'honneur d'assister à la cérémonie au cours de laquelle

Raphaël Morav,
ministre conseiller aux affaires économiques et scientifiques auprès de l'Ambassade d'Israël à Paris 

remettra  à titre posthume la médaille des "Justes parmi les Nations" à

Francia et Louise Labioz-Lamberlin.

représentées par leur neveu et leurs nièces
Gérard Labioz-Lamberlin,
Françoise Agoulay et Micheline Margulies

Le lundi 8 février 2010 à 18h
Salon d'honneur de l'Hôtel de Ville
Place Maurice Mollard
73100 Aix-les-Bains.

La médaille des Justes est décernée par le Mémorial Yad Vashem de Jérusalem aux personnes non juives ayant au péril de leur vie sauvé des personnes ou des familles juives sous l'occupation allemande.

 

21/11/2009

Les élèves de l'école Henry Dunant s'intéressent à la seconde guerre mondiale, par Mme Juliette Biber

Compte-rendu de la visite de M. Herbert Herz, à l’Ecole Henry-Dunant, le 30 octobre 2009

Un article de Marc Bretton, « A 20 ans, j’ai attaqué des nazis », paru dans la Tribune de Genève le 29-30 août dernier, m’a fait découvrir « la guerre » de M. Herbert Herz, jeune Juif allemand, résistant dans les FTP-MOI.

Pour nos élèves de 18-20 ans qui étudient des oeuvres de résistance et d’engagement telles que Le Silence de la mer de Vercors ou La peste de Camus, une rencontre avec M. Herz, âgé aujourd’hui de 85 ans, se présentait évidemment comme une opportunité à ne pas rater.

Pour connaître davantage M. Herz, j’ai lu le récit très clair et bien documenté de son action :"Mon combat dans la résistance FTP-MOI", Souvenirs d’un jeune Juif allemand, 2007, aux éditions Muriel Spierer. M. Herz y raconte notamment comment il a été sauvé de la déportation grâce à l’intervention d’un commandant de gendarmerie français, M. Maurice Berger, alors que son frère, Emmanuel, a été remis aux autorités françaises par les gendarmes suisses, ce qui l’a conduit à Auschwitz. Deux attitudes opposées de la part d’autorités, qui ont eu des conséquences diamétralement différentes !

Après quelques semaines de préparation et grâce aux efforts communs de plusieurs collègues, M. Herz est venu raconter ses souvenirs à l'Ecole, le vendredi 30 octobre. Sa prestation devant environ 150 personnes a été formidable : M. Herz a captivé les élèves, pendant une heure et demie !

M. Herz a d’abord rappelé les grandes lignes d’un contexte historique complexe (causes de la 2ème guerre mondiale, antisémitisme, guerre d’Espagne), vulgarisé certaines notions (les GMR, le STO) et nous a appris beaucoup de choses sur des événements dramatiques (Marianne Cohn) qui se sont déroulés à Annemasse, près de chez nous.

Ensuite, M. Herz a évoqué les persécutions nazies avec lucidité, et a su nous émouvoir en rappelant le souvenir de ses camarades torturés et exécutés.

Surtout, il a été magnifique de simplicité et de vérité pour évoquer ses souvenirs personnels : son entrée en résistance, son rôle de technicien, sa gestion du dépôt d’armes, les actions quotidiennes de son groupe.

M. Herz, en parlant de ses camarades de la FTP-MOI (Francs-Tireurs Partisans de la Main d’Oeuvre Immigrée, a insisté sur le fait que nombre d’entre eux étaient juifs, bien sûr, mais aussi d’origine étrangère. En effet, ces combattants de l’ombre étaient les fils et les filles de Polonais, Hongrois, Allemands, Espagnols, Italiens, qui avaient fui, dès les années trente, les persécutions nazies ou fascistes. Ils avaient été scolarisés en France et se battaient maintenant pour sa liberté. Dans notre contexte genevois de multiculturalité, cet élément n’a pas manqué d’avoir une certaine résonance.

Nous avons aussi visionné quinze minutes du film Etrangers, et nos frères pourtant. Ce documentaire, qui met en scène, dans leur contexte grenoblois, M. Herz et quatre de ses camarades, est épatant. Il fut très parlant de voir ces anciens combattants refaire les gestes de leurs actions. La réflexion de l’un des résistants sur la différence entre une action de sabotage et l’exécution d’un homme, parce que c’est un ennemi, pourra donner lieu à des développements en classe.

Enfin, M. Herz a fait preuve de beaucoup d’humanité, lorsque, pour répondre à une question d’élève sur la possibilité d’un nouveau génocide, il a mis en avant les nécessaires valeurs de tolérance et de respect envers l’autre dont il faut absolument faire preuve.

Juliette Biber

07/11/2009

Invitation à une remise de médaille des Justes:Un couple de Justes honorés en Savoie, dimanche 8 nov.

Invitation à assister à une remise de médaille des Justes parmi les Nations, dimanche 8 nov.09:

 

INVITATION

 

Le Maire François HERVE, le conseil municipal de Brison Saint Innocent,

et le Comité Français pour Yad Vashem représenté par

Herbert HERZ, délégué Savoie-Dauphiné

 

Vous convient à la réception organisée en l'honneur

De la remise de la médaille des Justes parmi les Nations

Décernée à titre posthume à

Honoré et Léa BERNICHON,

Représentés par leur fils Monsieur Norbert BERNICHON,

 

Le dimanche 8 novembre 2009, à 15h, à la Mairie de Brison Saint Innocent, près d'Aix-les-Bains en Savoie

 

Le couple Honoré et Léa BERNICHON ont abrité et sauvé un garçon juif menacé de déportation sous l'occupation allemande. Ce garçon est aujourd'hui le Docteur Serge GARBARG, cardiologue à Paris. Il viendra pour la circonstance à Brison où autrefois il a été sauvé.

 

La médaille sera remise par le délégué régional du comité français pour Yad Vashem, Herbert HERZ

 

 

 

11/10/2009

Mme Blanche Rorato honorée comme Juste parmi les Nations

Mme Blanche Rorato a été honorée mercredi 7 octobre 2009, à titre  posthume. de la Médaille des Justes parmi les Nations à Saint-Laurent-du-Pont, Isère, France.

C'est son fils Gérard Rorato qui a reçu pour sa mère la médaille des Justes, ainsi que le certificat qui l'accompagne, des mains de Herbert Herz, délégué de Yad Vashem pour cette région.

C'est à l'initiative de Mr. Henri Grajzgrund, sauvé ainsi que sa famille par Mme Blanche Rorato pendant la seconde guerre mondiale, que la mémoire de Mme Blanche Rorato a pu être honorée.

C'est en présence d'une assistance émue que cette cérémonie a eu lieu. Ci-dessous sont reproduits les discours de Messieurs Henri Grajsgrund, Herbert Herz et Gérard Rorato.

 

Discours de Mr Henri Grajsgrund:

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Monsieur le délégué du Comité français pour Yad Vashem

Messieurs les représentants des Associations

Monsieur le Maire de Saint Laurent du Pont

Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs,

Aujourd'hui, je suis de retour parmi vous à Saint Laurent du Pont pour la remise de la médaille des Justes des Nations par M. le Délégué du Comité Français pour Yad Vashem aux ayants droits de Mme Blanche Rorato, honorée à titre posthume.

J'avais dix ans, lorsque des événements que je ne pouvais comprendre ont totalement bouleversé la vie de mes parents et la mienne de jeune garçon.

J'ai relu récemment l'ouvrage "les sentiers de la liberté Dauphine 1939-1945" pour essayer de comprendre l'atmosphère de cette époque-

On était au cours de l'automne 1943 - et l'armée d'occupation italienne vaincue se retirait du Dauphiné et était remplacée par l'armée allemande.

C'était la fin de "l'occupation modérément opprimante" - comme indiqué dans les ouvrages relatifs à cette époque -

Ma famille d'origine juive polonaise était installée à Grenoble depuis plus de dix ans - et mes parents étaient très inquiets:

- de ce changement de situation,

- de la tension qui montait à Grenoble

- suite à l'assassinat de Monsieur André Abry en octobre 1943, et de la rafle du 11 novembre 1943

- du fait du regroupement des réfractaires du STO dans le maquis du Vercors- les Allemands renforçant leur garnison en prévision d'attaques du maquis.

Grâce à des relations amies sur Grenoble, mes parents ont pu entrer en contact avec Mme Blanche Rorato - habitant la Commune de Saint Laurent Du Pont au lieudit "Buisson rond" - où elle exploitait une ferme avec son mari- elle avait un fils, Gérard, qui avait 2 ans à l'époque -

C'était la campagne- on devait pouvoir y vivre sans se faire remarquer -

Ces personnes nous ont accueillis immédiatement- je pense en Octobre ou Novembre 1943- avec une très grande générosité, mettant à notre disposition un petit logement intégré dans cette ferme.

A cette époque, je n'avais aucune conscience de ce qui se tramait autour de nous, mes parents ne parlant jamais des événements devant moi.

De façon à ne pas attirer l'attention, j'avais été inscrit à l'école de Saint Laurent Du Pont- en tant que réfugié de la ville de Grenoble et habitant chez Mme Blanche Rorato- qui m'hébergeait.

Mes parents vaquaient aux occupations de la ferme, sans trop se faire voir de l'extérieur.

De cette période je n'ai que quelques souvenirs - me rapppelant que j'avais des vêtements chauds pour supporter l'hiver et qu'en fait je n'avais pas trop souffert de la faim - Mme Blanche Rorato veillant sur nous avec beaucoup de condescendance comme si nous étions de sa proche famille.

A l'école, je me souviens que j'étais dans la classe préparatoire au certificat d'études - ce qui représentait un premier diplôme d'importance pour mes parents - étant donné qu'ils étaient d'origine étrangère.

Pendant ce temps-là eurent lieu à Grenoble des rafles des Juifs par l'armée allemande, et notamment Place Vaucanson, la veille de Noël 1943, puis dans les mois qui suivirent.

Les nouvelles circulaient, mais Mme Blanche Rorato n'en a jamais fait  état à mes parents - d'après ce qui m'a été rapporté-

Un jour de printemps 1944, compte tenu de l'occupation du Massif du Vercors par les FFI, il y a eu une irruption de l'armée allemande à Saint Laurent du Pont - et ce jusqu'au hameau de "Buisson rond" à la ferme de Blanche Rorato - les hommes présents dans la ferme ont eu juste le temps de rejoindre les bois situés à proximité pour ne pas tomber entre les mains des Allemands.

Ma mère d'origine juive polonaise, parlait le yiddish allemand - et l'officier allemand a été agréablement surpris d'entendre quelqu'un parler couramment une langue qu'il comprenait, lui si loin de son pays natal.

D'après ce qui m'en a été dit plus tard, ils recherchaient les  hommes pour les arrêter, mais ma mère leur a répondu qu'ils avaient été réquisitionnés de force par le maquis et qu'elles étaient sans nouvelles d'eux.

Les officiers se sont contentés de cette explication et sont partis.

Le seul événement vraiment marquant dont je me souviens de cette époque - c'est le survol de Saint Laurent du Pont par une armada d'avions alliés - plusieurs centaines- au moment du débarquement en juin 1944 - après recherches, je pense qu'il devait s'agir de l'opération Zébra du 25 juin 1944, au cours de laquelle les alliés procédèrent en plein jour à un parachutage massif d'armes sur le Plateau du Vercors et sur d'autres sites dans l'Ain et le Jura -

Puis vinrent les journées de la Libération de Grenoble le 25 août 1944 -

Mes parents furent heureux de pouvoir enfin retrouver leur liberté en retournant à Grenoble et vivre libres.

Cette liberté retrouvée, ils l'ont due au courage et à la générosité de Mme Blanche Rorato qui a pris des risques au péril de sa vie d'héberger une famille juive dans la détresse.

Madame Blanche Rorato en savait les risques, mais comptait certainement sur la Providence pour que l'irréparable ne se produise. Elle a été exaucée, et nous nous en sommes tous sortis vivants, libres, mes parents marqués toujours par ces événements. -

Malheureusement mon père n'en a guère profité.

En effet, s'étant engagé volontairement en 1939 en tant qu'étranger, il était revenu en 1940 - après l'armistice très malade, suite à de nombreux ulcères résultant d'une très mauvaise nourriture -

Il est mort le jour de la Victoire le 8 mai 1945 - ayant eu encore la force et la joie d'entendre le carillon de toutes les cloches de ville en liesse.

L'hommage que vous rendez aujourd'hui à Mme Blanche Rorato est plus que mérité, en lui décernant à titre posthume la Médaille des Justes parmi les Nations - sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud " Quiconque sauve une vie, sauve l'univers tout entier".

Je sais que son fils aura à coeur de conserver précieusement cette médaille et de la transmettre de génération en génération, afin que le souvenir de Blanche Rorato ne soit pas effacé des mémoires.

J'associe à cet hommage le souvenir de mes parents qui ont vécu dans cette clandestinité avec la peur au ventre de ce qui pouvait arriver s'ils étaient pris, tant pour leur famille que pour leurs généreux bienfaiteurs.

Je viens de faire cette année le pèlerinage à Auschwitz, afin de me rendre compte de la réalité de la barbarie nazie - personne ne pouvait l'imaginer à l'époque.

J'en frémis encore.

Enfin, je voudrais rendre hommage aux nombreuses familles françaises encore anonymes qui, en Dauphiné, ont accueilli, hébergé des familles juives ou facilité leurs passages vers des lieux plus surs - et pour lesquelles un devoir de mémoire reste à accomplir.

Henri Grajsgrund

 

 

Discours de Monsieur Herbert Herz, délégué de Yad Vashem la Savoie, la Haute-Savoie et le Dauphiné

 

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Monsieur le Maire,

Medames, Messieurs, chers Amis,

Tout d'abord je tiens à remercier M. Louis Monin, le maire de Saint Laurent, et le Conseil Municipal, pour leur engagement et leur accueil chaleureux. Je remercie aussi M. Henry Grajzgrund  pour son témoignage et d'abord d'avoir engagé les démarches auprès du Mémorial Yad Vashem grâce auxquelles nous sommes aujourd'hui ici réunis.

C'est avec plaisir et une certaine émotion que je reviens aujourd'hui dans cette région, le Dauphiné où, réfugié moi-même en 1943 j'ai eu la chance de trouver le chemin de la Résistance. Cette terre hospitalière comme la Savoie voisine où sous l'occupation nazie, comme le dit le chant des Allobroges, "le malheur trouva protection".

Pourquoi, pourrait-on se demander aujourd'hui, pourquoi en ce temps de malheur des êtres humains injustement persécutés, devaient-ils chercher protection? C'est que dès la défaite de juin 1940 le gouvernement réactionnaire de Vichy avait emboîté le pas des occupants nazis dans leur dessein le plus inhumain, en décrétant hors la loi la population juive de ce pays. Ainsi étaient foulées aux pieds les traditions d'hospitalité et de générosité de la France. Dés lors la chasse à l'homme était ouverte, allant jusqu'à l'arrestation d'enfants juifs dans les écoles et les maisons d'enfants, que ce fut par la police de Pétain où par les occupants allemands eux-mêmes, comme non loin d'ici à Voiron au lieu-dit La Martellière en mars 1944. Si les nazis ont pu ainsi se saisir de 18 enfants et adolescents juifs, déportés ensuite sans retour, c'était grâce à une dénonciation. En effet les Allemands offraient une prime à tout dénonciateur de Juif ou de résistant.

Heureusement les Français dans leur très grande majorité ne mangeaient pas de ce pain là. Déjà par un silence complice ils permirent souvent aux familles juives réfugiées dans nos campagnes ou cachées en ville d'échapper au malheur. Cependant une minorité de nos compatriotes s'engagèrent activement dans la protection de nos familles pourchassées, dans le sauvetage de nos enfants, courant eux-mêmes de grands risques, sans rien demander en échange. Ces hommes et ces femmes de grand coeur, ces sauveteurs d'êtres humains menacés par la barbarie nazie, nous les appelons les Justes parmi les Nations.

Ces Justes qui sont "l'honneur et la fierté de la France", comme le Président Chirac s'est exprimé lors d'une cérémonie mémorable au Panthéon, il y a quelques années.

Nous sommes heureux aujourd'hui d'accueillir, parmi les deux mille Justes de France à ce jour déjà nommés, Blanche Rorato, votre Maman Monsieur Rorato, votre maman de mémoire bénie, pour avoir accueilli avec générosité, et ainsi sauvé une famille juive en détresse, la famille Grajzgrund.

L'élévation de personnes non juives au rang de Juste, aujourd'hui surtout à titre posthume, est effectuée sur la foi de témoignages ou de preuves irréfutables par le Mémorial central de la Shoah Yad Vashem à Jérusalem en Israël, que j'ai l'honneur de représenter dans notre région. Ce mémorial a été créé peu après l'édification de l'état d'Israël, pour perpétuer le souvenir des six millions de victimes juives de la Shoah, dont un million cinq cent mille enfants. Afin que nul n'oublie.

Le mot Shoah veut dire catastrophe en hébreu. Le nom de Yad Vashem est tiré de la Bible, du livre d'Isaïe qui nous est commun, à nous, juifs et chrétiens, où il est dit: "je leur ferai un monument – yad, et un nom – va shem, qui ne seront point effacés.

Le peuple juif est celui de la mémoire. Aujourd'hui encore après 65 ans, épris de justice il lui importe d'exprimer sa reconnaissance éternelle à celles et ceux qui l'ont secouru au temps de sa détresse.

Sur la Médaille des Justes au nom de votre maman défunte, cher Monsieur Rorato, sont gravées ces paroles de nos écritures:

"Qui sauve une vie sauve toute l'humanité" ce qui signifie que toute la descendance de la personne sauvée est ainsi préservée.

C'est pour moi un grand honneur et un plaisir de vous remettre, au nom de l'Ambassadeur d'Israël en France, cette marque de la gratitude du peuple juif, la Médaille des Justes et le Certificat d'Honneur qui l'accompagne.

Herbert Herz

 

Discours de Monsieur Gérard Rorato, fils de Mme Blanche Rorato

 

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Monsieur le délégué de Yad Vashem,

Monsieur le Député,

Monsieur le Conseiller Général,

Monsieur le président de la Communauté de Communes,

Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les Conseillers Communaux,

Henri,

 

 

Parmi les personnes présentes, bien peu ont vécu l'époque sombre des années 40, où Henri et ses parents ont partagé notre quotidien pendant presque un an. c'était un grand risque pour nous tous, mais cela ne m'atteignait pas. J'étais alors dans mes très jeunes années. Beaucoup plus tard, j'ai appris par mon entourage que les étrangers qui vivaient dans notre maison étaient des gens qui fuyaient l'occupant.

 

Plus de soixante ans après, un certain 1er novembre, Henri, avec beaucoup d'entêtement est parvenu jusqu'à cette maison qui l'avait abrité, aidé d'un seul détail qu'il avait mémorisé: le prénom de ma mère Blanche.

 

Grande émotion de part et d'autre, explications, évocations diverses: l'école de Villette, le bambin qu'il taquinait (c'était moi), la fuite de son père dans le bois du Buisson-Rond le jour où des soldats allemands s'en sont rapprochés... Une grande frayeur, une inquiétude permanente, une surveillance constante.

 

Lors d'une invitation chez Henri, nous avons ensemble consulté quelques photos, ce qui m'a permis de dénouer l'énigme de visages inconnus qui me troublaient sur certains clichés, ceux de nos hôtes cachés.

 

Ni les uns ni les autres ne sont plus de ce monde mais Henri, lui, n'a jamais oublié Blanche. S'il s'est efforcé de la retrouver pour la remercier, il ne peut aujourd'hui le faire.

 

En évoquant ici sa mémoire, il veut rendre hommage à son dévouement, son abnégation, et c'est pour elle qu'il m'a demandé d'être présent, entouré de quelques membres de la famille, des amis qui l'ont connue. C'est aussi un grand honneur qu'il a voulu lui rendre en sollicitant pour elle, en témoignage de sa reconnaissance la Médaille des Justes.

 

Je la reçois ce jour, pour Blanche, avec une très grande émotion. Cette distinction posthume touche toute la famille. Nous pensons à elle, à mon père aussi qui l'a accompagnée dans ses craintes, ses soucis, ses grandes angoisses du moment et dans les mêmes risques.

 

Femme humble, discrète, elle n'aurait jamais pensé, j'en suis certain, être pareillement honorée. Elle n'aurait pu dire qu'un seul mot, deux peut-être? Merci beaucoup... Ces deux mots pour Henri en particulier, pour sa démarche désintéressée mais aussi et très respectueusement pour Mr Herz délégué Savoie-Dauphiné pour Yad Vashem.

 

Quand à moi, je sais gré de leur présence à Mr Jean-Louis Monin, Maire de notre petite ville, qui nous accueille ce matin, de même qu'à ceux de nos élus et présidents des différentes associations qui ont fait le déplacement.

 

Et je termine en disant très simplement à Henri: "Ma maison te reste ouverte"

Merci encore.

 

Gérard Rorato

 

Quelques photos de la cérémonie:

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25/09/2009

Newsletter de la Communauté Israélite du 24 septembre 09

 

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Herbert Herz, son histoire hors du commun

Herbert Herz a travaillé comme fonctionnaire au C.E.R.N (Organisation européenne pour la recherche nucléaire). Aujourd’hui âgé de 85 ans, marié, 3 enfants, sa vie de famille est très remplie. Il cultive l’art d’être grand-père avec beaucoup de fierté.

Mais la vie d’Herbert Herz n’a pas toujours été facile… il a dû combattre pour survivre…

C’est avec émotion et gentillesse qu’Herbert Herz nous raconte « son histoire hors du commun ».

Au cœur d’une famille traditionnaliste et sioniste, Herbert Herz passe son enfance en Allemagne. Le nazisme s’intensifie. Il décide de partir et s’installe en France, à Dijon, en 1934.

En 1942, il est arrêté par le régime de Vichy.

Libéré miraculeusement grâce à l’intervention du Directeur de son collège auprès de la Gendarmerie, Herbert Herz commence une vie clandestine…

Sa fausse carte d’identité française lui permettra de parcourir la France.

En Septembre 1943, l’occupation allemande est totale ; il entre en résistance armée avec les communistes à Grenoble. Ce groupe de résistants et de resistantes, les FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans – Main-d’œuvre immigrée), est l’un des plus actifs et des plus déterminés. L’objectif : nuire à la machine de guerre infernale allemande ! Sabotage d’usines, de voies ferrées, de garages travaillant pour les troupes d'occupation… la résistance se met en place pour « démontrer la vulnérabilité de l’Allemagne ».

Herbert Herz sera responsable du dépôt d’armes qui ne fut jamais découvert par l’ennemi et a participé à de nombreuses actions allant jusqu'à attaquer les troupes de la Wehrmacht.

En 1996, il reçoit la Légion d’Honneur.

A travers son livre dédié à ses « camarades » (Mon combat dans la Résistance FTP-MOI, Souvenirs d’un jeune Juif allemand, Editions Muriel Spierer), il souhaite transmettre son message aux générations futures. Son témoignage contribue à mieux faire connaître la participation des étrangers à la Résistance française et parallèlement l’engagement des Juifs dans la lutte contre « l’hitlérisme ».
Herbert Herz perpétue la mémoire et le souvenir…

…de Simon Fried, jeune Juif résistant, arrêté lors d'une action, qui fut condamné à mort et exécuté; …de deux jeunes filles, héroïnes et martyres de la Résistance juive: Marianne Cohn et Mila Racine, qui sauvèrent des enfants juifs en les faisant passer en Suisse.

Il perpétue également la mémoire et le souvenir de la Shoah.

Herbert Herz est très impliqué en faveur d’Israël. En tant que délégué de l’Institut Yad Vachem de Jérusalem depuis plus de 20 ans, il se « bat » pour rechercher et faire honorer de la « médaille des Justes des Nations », les personnes ayant sauvé les Juifs de la Shoah au péril de leurs vies.

Nous leur devons une fière chandelle ; eux qui nous permettent aujourd’hui de vivre dans un monde plus « Juste ».
Plus d'infos : http://www.herbertherz.blogspot.com et http://herbertherz.blog.tdg.ch
Le film « L’armée du crime » sorti le 16 septembre dernier en salle a été en partie inspiré par l’ouvrage d’Herbert Herz.

Madame Margalit Mimran

Newsletter de la Communauté Israélite de Genève, 24 septembre 2009