11/05/2007

Sabotage d'usine

"L’une des premières actions auxquelles j'ai participé était le sabotage de l’usine Soulage, un atelier de réparation de wagons en bordure du chemin de fer, dans un quartier sud de Grenoble. C'était par un calme dimanche après-midi. Pour entrer nous avons simplement sonné. Le concierge a entrouvert la porte. Deux d'entre nous se sont présentés:

« On vient pour l'embauche. »

« Revenez demain » a dit le concierge

« Résistance » fut la réplique, avec le revolver braqué sur le concierge. « Faites-nous entrer. »

Il n'a pas opposé de résistance. Les deux premiers d'entre nous sont entrés. Les autres ont suivi à vélo avec dans les sacs à dos, dans les sacoches, le matériel, c'est-à-dire les bombes. Et là aussi nous avons placé des bombes dans les machines pour les faire sauter. Mon propre rôle, ce jour-là, c'était de tenir le concierge en respect."

Herbert Herz, né en 1924 à Augsbourg en Bavière, raconte successivement son enfance en Allemagne, les tribulations de sa famille lors de la montée du nazisme, son émigration et sa venue à Dijon en 1934.

Rattrapé par les nazis en France dès la débâcle de 1940, il échappe de peu en 1942 à la déportation et entre en clandestinité puis s’engage dans la résistance armée au sein des FTP-MOI, les Francs-Tireurs et Partisans de la Main d’Oeuvre immigrée. Son témoignage veut contribuer à mieux faire connaître la participation des étrangers à la résistance française et parallèlement l’engagement des Juifs dans la lutte contre les hitlériens.

Après avoir travaillé au CERN et vécu à Genève, il habite depuis peu à Ferney-Voltaire. En tant que délégué de l’Institut Yad Vashem de Jérusalem dans notre région il recherche et fait honorer de la médaille des Justes les personnes ayant sauvé des Juifs au péril de leur vie du temps

01:43 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0)

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