21/11/2009

Les élèves de l'école Henry Dunant s'intéressent à la seconde guerre mondiale, par Mme Juliette Biber

Compte-rendu de la visite de M. Herbert Herz, à l’Ecole Henry-Dunant, le 30 octobre 2009

Un article de Marc Bretton, « A 20 ans, j’ai attaqué des nazis », paru dans la Tribune de Genève le 29-30 août dernier, m’a fait découvrir « la guerre » de M. Herbert Herz, jeune Juif allemand, résistant dans les FTP-MOI.

Pour nos élèves de 18-20 ans qui étudient des oeuvres de résistance et d’engagement telles que Le Silence de la mer de Vercors ou La peste de Camus, une rencontre avec M. Herz, âgé aujourd’hui de 85 ans, se présentait évidemment comme une opportunité à ne pas rater.

Pour connaître davantage M. Herz, j’ai lu le récit très clair et bien documenté de son action :"Mon combat dans la résistance FTP-MOI", Souvenirs d’un jeune Juif allemand, 2007, aux éditions Muriel Spierer. M. Herz y raconte notamment comment il a été sauvé de la déportation grâce à l’intervention d’un commandant de gendarmerie français, M. Maurice Berger, alors que son frère, Emmanuel, a été remis aux autorités françaises par les gendarmes suisses, ce qui l’a conduit à Auschwitz. Deux attitudes opposées de la part d’autorités, qui ont eu des conséquences diamétralement différentes !

Après quelques semaines de préparation et grâce aux efforts communs de plusieurs collègues, M. Herz est venu raconter ses souvenirs à l'Ecole, le vendredi 30 octobre. Sa prestation devant environ 150 personnes a été formidable : M. Herz a captivé les élèves, pendant une heure et demie !

M. Herz a d’abord rappelé les grandes lignes d’un contexte historique complexe (causes de la 2ème guerre mondiale, antisémitisme, guerre d’Espagne), vulgarisé certaines notions (les GMR, le STO) et nous a appris beaucoup de choses sur des événements dramatiques (Marianne Cohn) qui se sont déroulés à Annemasse, près de chez nous.

Ensuite, M. Herz a évoqué les persécutions nazies avec lucidité, et a su nous émouvoir en rappelant le souvenir de ses camarades torturés et exécutés.

Surtout, il a été magnifique de simplicité et de vérité pour évoquer ses souvenirs personnels : son entrée en résistance, son rôle de technicien, sa gestion du dépôt d’armes, les actions quotidiennes de son groupe.

M. Herz, en parlant de ses camarades de la FTP-MOI (Francs-Tireurs Partisans de la Main d’Oeuvre Immigrée, a insisté sur le fait que nombre d’entre eux étaient juifs, bien sûr, mais aussi d’origine étrangère. En effet, ces combattants de l’ombre étaient les fils et les filles de Polonais, Hongrois, Allemands, Espagnols, Italiens, qui avaient fui, dès les années trente, les persécutions nazies ou fascistes. Ils avaient été scolarisés en France et se battaient maintenant pour sa liberté. Dans notre contexte genevois de multiculturalité, cet élément n’a pas manqué d’avoir une certaine résonance.

Nous avons aussi visionné quinze minutes du film Etrangers, et nos frères pourtant. Ce documentaire, qui met en scène, dans leur contexte grenoblois, M. Herz et quatre de ses camarades, est épatant. Il fut très parlant de voir ces anciens combattants refaire les gestes de leurs actions. La réflexion de l’un des résistants sur la différence entre une action de sabotage et l’exécution d’un homme, parce que c’est un ennemi, pourra donner lieu à des développements en classe.

Enfin, M. Herz a fait preuve de beaucoup d’humanité, lorsque, pour répondre à une question d’élève sur la possibilité d’un nouveau génocide, il a mis en avant les nécessaires valeurs de tolérance et de respect envers l’autre dont il faut absolument faire preuve.

Juliette Biber

07/11/2009

Invitation à une remise de médaille des Justes:Un couple de Justes honorés en Savoie, dimanche 8 nov.

Invitation à assister à une remise de médaille des Justes parmi les Nations, dimanche 8 nov.09:

 

INVITATION

 

Le Maire François HERVE, le conseil municipal de Brison Saint Innocent,

et le Comité Français pour Yad Vashem représenté par

Herbert HERZ, délégué Savoie-Dauphiné

 

Vous convient à la réception organisée en l'honneur

De la remise de la médaille des Justes parmi les Nations

Décernée à titre posthume à

Honoré et Léa BERNICHON,

Représentés par leur fils Monsieur Norbert BERNICHON,

 

Le dimanche 8 novembre 2009, à 15h, à la Mairie de Brison Saint Innocent, près d'Aix-les-Bains en Savoie

 

Le couple Honoré et Léa BERNICHON ont abrité et sauvé un garçon juif menacé de déportation sous l'occupation allemande. Ce garçon est aujourd'hui le Docteur Serge GARBARG, cardiologue à Paris. Il viendra pour la circonstance à Brison où autrefois il a été sauvé.

 

La médaille sera remise par le délégué régional du comité français pour Yad Vashem, Herbert HERZ