09/04/2013

Commémoration émouvante de Yom Ha Shoah à Carouge 2013

Cette année s'est déroulée encore une fois la cérémonie de commémoration de la Shoah. Pour la troisième année consécutive cette soirée avait lieu à la Salle des Fêtes de Carouge. Le soulèvement du Ghetto de Varsovie s'est passé il y a exactement 70 ans. Un hommage particulier était rendu aux enfants dans la Shoah, un million et demi d'enfants juifs et tsiganes ayant été assassinés sauvagement par les nazis.

La soirée était particulièrement émouvante avec les allocutions de M. Joël Herzog, président du Comité d'Organisation, de l'Ambassadeur d'Israël, des Autorités genevoises: Mme Jeanine de Haller, Maire de Carouge et Monsieur Charles Beer, Président du Conseil d'Etat. Des intermèdes musicaux par le groupe Hotegezugt ont contribué à l'émotion ainsi que les allumages de bougies par des survivants de camps de concentration, des Résistants  et des anciens enfants cachés, entourés par des petits-enfants de survivants: M. Klaus Appel, Mme Ida Grinspan, M. Herbert Herz, M. Otto Klein, Mme Danielle Morris, M. David Planner, Mme Noëlla Rouget.

Mme Ida Grinspan a fait un discours poignant sur son enfance pendant la guerre, séparée de ses parents et envoyée dans une ferme dans les Deux-Sèvres, en France, arrêtée par trois gendarmes français, elle est envoyée à Drancy. 

De là elle sera déportée à Auschwitz-Birkenau où elle connaîtra l'enfer des camps.

Sur les 1500 personnes déportées dans le même train, seuls 42 parviendront en vie à la fin de la guerre. 1229 seront gazés le jour de leur arrivée dans le camp. 

Elle avait quatorze ans lors de son arrivée dans le camp et ne doit sa survie qu'au fait d'avoir paru plus âgée et apte au travail, les enfants étant gazés dès leur arrivée. Mme Ida Grinspan a livré un témoignage bouleversant. Elle témoigne dans les écoles et a publié un livre chez Robert Laffont en 2002: "J'ai pas pleuré" (co-auteur: Bertrand Poirot-Delpech).

Les Rabbins des Communautés juives de Genève ont récité le Kaddish et le Rabbin Jacob Tolédano a chanté la prière pour les morts "El Male Rahamim". A la fin de la cérémonie il a également chanté le chant des Partisans en yiddish et en hébreu.

De jeunes adolescents ont lu des témoignages d'enfants cachés et les acteurs M. Francis Huster et Mme Guila Clara Kessous ont interprété la pièce de M. Jean-Claude Grumberg: "Maman revient pauvre orphelin", sur les traumatismes de la Shoah sur les enfants de survivants, même quand ceux-ci arrivent à l'âge adulte.

Un hommage aux 73 Justes suisses a aussi été rendu, c'est eux qui rendent l'espoir à l'humanité. Rappelons que l'Etat d'Israël décerne par l'intermédiaire de l'institut Yad Vashem de Jérusalem la Médaille des Justes parmi les Nations. Yad Vashem fête cette année ses 50 ans d'existence et a décerné   plus de 24 000 médailles des Justes parmi les Nations, dans 41 pays.

Qui sauve une vie sauve l'univers tout entier.

La cérémonie commencée à 19h30 s'est terminée dans le recueillement à 22h.

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Commentaires

Merci pour ce texte très émouvant.Je me suis rendu à Auschwitz en 2009. C'est lors de cette visite que j'ai fait la connaissance de Monsieur Otto Klein qui était notre guide. J'en garde un émouvant souvenir qui reste à jamais gravé dans ma vie. J'avais alors posté un texte sur mon blog, je me permets de vous en communiquer le contenu:

Auschwitz, voyage au bout de l’enfer.




A l’heure de la commémoration de la Shoah , alors que le Président iranien ose la nier, je me remémore un voyage que j’ai fait il y a quelque temps.

Le DIP, à l’époque, avait l’heureuse idée (est-ce encore le cas ?) de subventionner pour les enseignants la visite du camp de concentration d’Auschwitz.

Je m’y suis rendu.

C’est le mois de novembre, nous sommes près de 150 Suisses romands, des enseignants, des jeunes, des journalistes, accompagnés de quelques rescapés des camps, à descendre des cars…les plaisanteries, les rires se sont soudainement tus ! Un lourd silence s’est installé.

Respect ! Chacun garde désormais le profil bas. Nous sommes au bout du monde, celui qui s’arrête au terme de cette sinistre voie ferrée. Le ciel est gris, les barbelés, les bâtiments percent la brume omniprésente.

Cette terre parle, elle hurle. Comment traduire les émotions par des mots ? Impossible. Des images se forment dans la tête, nous écoutons le récit des survivants, mais jamais nous ne pourrons prendre réellement conscience de ce que fut la réalité. Comment ont-ils pu vivre ne serait-ce qu’un seul jour ?

Il y là David, petit bonhomme tellement attendrissant.

Il est revenu !

Il passe inlassablement d’un groupe à l’autre pour tenter de nous communiquer la vérité, de nous faire comprendre ce qu’il nous est impossible de vraiment saisir. Là, devant les ruines des fours crématoires, il interrompt notre guide en le saisissant par la main :

« Je veux faire une prière pour mes parents qui sont morts ici ».

L’émotion est à son comble et chacun retient tant bien que mal ses larmes. Et pourtant son sourire ne l’a pas quitté de toute la journée.

Il y a Otto. Le regard souvent fixé sur le lointain. Lui aussi, infatigable, nous a suivis jusqu’au bout. Il observe sans cesse nos réactions. De temps à autre une phrase, pour ne pas nous égarer, nous rappeler ce que fut cette réalité :

« C’est là, précisément à l’endroit où vous êtes que j’ai vu ma mère pour la dernière fois ».

Je n’oublierai pas votre leçon. Je n’oublierai pas votre regard Otto. Je n’oublierai pas, David, la chaleureuse poignée de main que vous avez voulu donner à chacun de nous pendant le vol du retour.

Merci à vous, que votre témoignage ne s’efface jamais.

Écrit par : Duval | 09/04/2013

Magnifique Muriel. Ta page et ton article son magnifiques. Je t'en remercie infiniment. L'organisation de Yom haShoah c'est presque une année de travail pour une petite équipe de bénévoles et lorsque le résultat est celui que nous avons eu hier soir, lorsque le public répond présent et repart plein d'émotion et de force, nous avons l'impression d'avoir accompli ce que nous devions faire. Merci pour tes photos. Nous avons évoqué hier soir avec l'aide d'enfants et des comédiens Guila Clara Kessous et Francis Huster les parcours de vie de deux enfants cachés ayant par la suite reconstruit leur vie en Israël : Ehud Loeb et Clairette Vidger. Cette dernière est une de mes grandes amies et hier soir dans un kibboutz dans le Néguev elle fêtait son 77ème anniversaire ! N'est-ce pas extraordinaire ! Le témoignage d'Ida Grinspan plein d'authenticité, de courage, de vie a été un cadeau extraordinaire pour tous les présents.

Écrit par : Claire | 09/04/2013

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