26/05/2014

Le CERN fête ses soixante ans en "beauté"

Ce week-end le CERN fêtait avec ses voisins de Genève et du Pays de Gex ses soixante ans. Des milliers de curieux ont pu descendre dans les souterrains et les grottes qui sont habituellement interdits au public et même aux scientifiques. A Ferney on pouvait visiter l'expérience de beauté sur le Grand collisioneur de hadrons.  Galerie de photos par Jeremy Spierer

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02/05/2014

70 ans après la Libération comment transmettre l'indicible


Salle des fêtes de Carouge hier soir 28 avril 2014.

Les témoins directs de la Shoah disparaissent les uns après les autres. L'importance des témoignages écrits ressort de façon encore plus frappante chaque année.

L'invité d'honneur de cette cérémonie était le Dr Henri Borlant qui a témoigné de sa déportation à Auschwitz alors qu'il n'était âgé que de quinze ans. Des six mille enfants juifs déportés de France en 1942 vers les camps d'extermination nazis, il est le seul survivant.

Agé aujourd'hui de quatre-vingt-sept ans il témoigne dans les écoles de la barbarie nazie. Il sera aujourd'hui au cycle d'orientation du Renard et parlera avec les élèves de ce collège.

Le fait que ses parents juifs l'aient fait baptiser et qu'il ait été en 1942 catholique pratiquant ne l'a pas protégé de la déportation vers le camp d'Auschwitz-Birkenau. Les quelques membres de sa famille déportés en même temps que lui n'ont pas survécu mais il a eu la chance de retrouver sa mère et quelques frères et soeurs qui ont pu survivre cachés par des Justes français. Vers la fin de la guerre il a été transféré dans deux autres camps successivement. Il a pu s'évader la veille de la libération de son camp par les Américains. Lorsque les Américains sont arrivés, c'est lui et un autre camarade qui leur ont appris la vérité sur ce camp et les ont amenés à l'intérieur. Les Américains ont alors découvert l'ampleur du massacre et l'ont fait connaître au monde.

Son histoire est racontée dans son livre publié aux éditions du Seuil: "Merci d'avoir survécu"

Le Dr Borlant a répondu à des questions posées par des jeunes de l'école Girsa et a entre autres révélé qu'il n'y avait pas de stratégie pour survivre. Confronté à ce cauchemar il fallait improviser en permanence. Pour ce jeune de quinze ans et pour tous les autres déportés, ce fut l'horreur totale, la faim, la souffrance, les coups, les assassinats.

Les comédiennes Marie-Christiane Barrault et Guila Clara Kessous ont également lu des extraits de journal d'une jeune femme juive néerlandaise Etty Hillesum. Etty est née en 1914 aux Pays-Bas et est décédée le 30 novembre 1943 à l'âge de 29 ans. Elle a écrit des lettres depuis le camp de transit de Westerbork avant d'être également déportée et assassinée. Sa dernière lettre a été glissée dans une fente d'un wagon à bestiaux qui l'emmenait vers Auschwitz-Birkenau. Trouvée par un paysan près de la voie ferrée et transmise ensuite à son destinataire elle nous est parvenue. Ce témoignage était très dur à entendre car elle nous parle dans ses lettres de ces dizaines de milliers de  Juifs néerlandais, hommes, femmes et enfants, souvent des orphelins, déportés - pendant que le soleil continuait à briller et la nature à sourire.

Lorsqu'on sait qu'à l'arrivée à Auschwitz le train s'arrêtait au bout de rails et que les déportés étaient poussés en dehors des wagons par des Nazis qui hurlaient en allemand et qui avaient des chiens-loups qui essayaient de mordre les pauvres gens, on imagine l'horreur indicible qu'ont vécus un court moment ces pauvres enfants arrivés seuls.

Un court instant car dès leur arrivée les déportés étaient séparés en deux groupes. Ceux qui entraient dans le camp et ceux qui n'y entraient pas. Ceux-ci étaient immédiatement gazés dans les cheminées du camp qui se mettaient alors à fumer pendant quelques jours.

Un enfant a demandé au Dr Borlant s'il avait eu des séquelles après la Libération de son passage dans les camps.

Celui-ci a répondu qu'effectivement il a longtemps fait des cauchemars comme nombre d'anciens déportés. Il reste aussi plus sensible à la violence et ne peut visionner des films violents.

Il a également souligné l'importance de la démocratie et de la mémoire pour que ne se produisent plus de tels drames dans le futur.

Des membres de la communauté arménienne et rwandaise étaient également dans l'assistance et ces deux génocides ont également été évoqués.

Par ailleurs la cérémonie a été ponctuée par de la musique juive jouée par le groupe Hotegezugt, le chant des Partisans a été chanté par la chorale de l'école Alliance-Girsa dirigée par Madame Sarabella Benamram.

Diverses allocutions ont été prononcées : Par: Monsieur Nicolas Walder, Maire de Carouge, Monsieur Serge Dal Busco, Conseiller d'Etat de la République et Canton de Genève, Monsieur l'ambassadeur d'Israël, Monsieur Joël Herzog, Président du comité d'organisation de Yom Ha Shoah, Maître Ron Aufseesser.

Lors de son discours, Monsieur Joël Herzog, nous a relaté des incidents préoccupants et a relevé que l'antisémitisme augmente un peu partout dans le monde. 

Les Rabbins des communautés juives de Genève ont chanté le El Male Rahamim et le Kaddish . 

Six bougies ont été allumées en mémoire des millions de victimes de la Shoah par des survivants et des résistants, accompagnés de jeunes ou de leurs petits-enfants. ( Madame Angel, Monsieur Klaus Appel, Monsieur Herbert Herz, Madame Danielle Morris, Monsieur David Planer, Madame Noëlla Rouget)

La mémoire de Monsieur Otto Klein, ancien déporté, a été rappelée. Il avait été déporté en même temps que son frère jumeau et torturé par le médecin nazi Joseph Mengele.

Le 27 novembre 2002, il accompagnait les participants du voyage de la CICAD à Auschwitz-Birkenau. Il avait alors déclaré:

"Pendant des mois, alors âgé de 12 ans - sous expérience médicale comme jumeau du Dr Mengele - je me trouvais à quelques mètres du bâtiment crématoire numéro trois, et je pouvais observer les milliers de personnes entrer et ne jamais ressortir vivants. Les seuls signes de leur tragique destin étaient les flammes de la cheminée, la fumée et … l'odeur."

Tant qu'il a été en vie il a considéré comme son devoir de témoigner, tout comme le Docteur Henri Borlant, Monsieur Herbert Herz, Madame Ruth Fayon z''l, Madame Angel et tant d'autres.

Souvenons-nous également de ces Justes parmi les Nations qui ont aidé le peuple juif au péril de leur vie et à qui nous sommes si reconnaissants.

Et parmi eux, les Justes suisses .

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13/09/2011

Naissance de l'Association Manny Samuel

L'Association Manny Samuel a été créée à Bellevue le 6 mars 2011. Il s'agit d'une association à but non-lucratif qui a pour but d’éditer et de diffuser des livres en relation avec la mémoire juive et le judaïsme (Editions Manny Samuel). Elle a une mission d’information par livres, blogs, émission de radios, conférences et participation à des salons du livre. Elle relie également les chercheurs et les Résistants de la seconde guerre mondiale.

C'est désormais les Editions Manny Samuel qui ont re-publié le livre de Herbert Herz: "Mon combat dans la Résistance" et qui ont financé la publication de ce livre en anglais et en allemand. 
Les titres en sont:

en anglais: « Fighting in the French Resistance », Memories of a young German Jew  (traduction de Mme Jane Brooks)

en allemand: « Als Partisan im französischen Widerstand », Erinnerungen eines deutsch-jüdischen Widerstandskämpfers (t)raduction de Dr Hilda Malka)

Le programme scolaire intègre l'histoire de la Shoah et ces livres permettent à des jeunes et moins jeunes de rentrer dans l'histoire contemporaine de façon agréable puisqu'il s'agit d'un témoignage se lisant comme un roman d'aventure. Les lecteurs de la première édition en français ont en été convaincus puisque le premier tirage de 1000 exemplaires est épuisé et qu'il a fallu une réédition en français.

Le bilan de ces dernières années est extrêmement positif et l'intérêt est marqué, également pour les lecteurs allemands. Ceci nécessite de leur part du courage: vouloir revisiter sa propre  histoire n'est pas toujours facile. Il faut accepter de se remettre en cause.

L'association est formée de bénévoles qui mettent tous de l'énergie et du temps pour que l'histoire ne se renouvelle pas. Les moyens financiers de l'association sont minimes et l'association a besoin de fonds pour continuer sa mission éducative et de devoir de mémoire afin de pouvoir publier de nouveaux livres sur ce thème ou d'autres reliés.

Appel est donc fait à tous les généreux donateurs et sponsors pour aider à remplir la caisse de l'Association Manny Samuel. Cette aide peut aussi parvenir sous forme de commande de livres, dans la langue de son choix, français, anglais, allemand.

Pour les commandes envoyer un mail à: miouriel@gmail.com

ou écrire à : Association Manny Samuel, 8 chemin de la Chênaie, 1293 Bellevue

Pour faire un don voici le compte (postal) de l'Association Manny Samuel:

IBAN CH91 0900 0000 1219 5864 5
BIC POFICHBEXXX
Le prix d'un livre est de 29 CHF ou 21 euros, + frais de port
Actuellement le livre en français est en vente à la librairie du Rameau d'Or à Genève, à la librairie Menorah
le livre dans les trois langues se trouve au kiosque à journaux du restaurant 1 du CERN
Il sera bientôt vendu également par la centrale d'achats INTERFON
Dans le pays de Gex: kiosque à journaux du centre Leclerc, librairie du Lycée à Ferney, librairie Centrale à Ferney.
A Augsburg, Allemagne, en allemand, français et anglais: Musée Juif Augsburg
A Paris: librairie du Mémorial de la Shoah
A Grenoble: musée de la Résistance Grenoble.
A Champigny: musée de la Résistance
livre français allemand anglais.jpg
L'Association Manny Samuel tient à remercier chaleureusement Mmes Brooks et Malka pour leur traduction bénévole de cet ouvrage.
Les Editions Manny Samuel seront présentes au Salon du livre de Nancy 2011 et au Salon du livre de Francfort 2001, sur le stand de l'ASDEL, représentant les diffuseurs, éditeurs et libraires suisses.

 

12/11/2010

Reportage à Ferney lors du 11 novembre

 

 

Une cérémonie du Souvenir DSC03983.JPG a eu lieu ce 11 novembre devant le Monument aux Morts de la ville de Ferney-Voltaire, cérémonie qui d'ailleurs se tenait simultanément dans tous les villages, villes de France.  Cette cérémonie a aussi lieu dans les pays Alliés de la seconde guerre mondiale, par exemple en Grande-Bretagne où les citoyens participent en masse et portent à la boutonnière un petit coquelicot en papier. (En effet lors de la première guerre mondiale, des coquelicots poussaient dans les champs des Flandres pendant que se déroulaient les batailles sanglantes...)

Une nombreuse assistance était venue participer et se recueillir. La cérémonie commença par la remise de diplômes d'honneur à 5 Combattants de la seconde guerre mondiale, dont certains étaient Résistants. Elle se poursuivit par la lecture de la liste des Morts pour la France au cours des guerres passées, de 1870, de la première puis deuxième guerre mondiale pour se terminer par la guerre d'Algérie. Une liste impressionnante de noms a été énoncée pour la première guerre mondiale. En effet cette guerre a été particulièrement meurtrière en raison des gaz qui ont été projetés sur les soldats et qui en ont tués un grand nombre dans d'affreuses souffrances. La ville de Ferney a perdu un citoyen pendant la guerre d'Algérie.

La cérémonie s'est poursuivie par le discours du Maire de Ferney, Monsieur François Meylan, dont je reproduis ci-dessous le discours.

Quelques instants de silence ont été observés puis la Société de Musique Municipale de Ferney a joué les quatres couplets de la Marseillaise pendant que des élèves de la classe de CM2 en chantaient les paroles devant une assemblée attentive.

Les autorités municipales ont défilé devant les Porte-drapeaux et ont ensuite convié les participants au verre de l'amitié dans le sous-sol de la Mairie.

Beaucoup d'enfants étaient venus accompagnés de leurs parents qui tenaient à les faire participer et à leur enseigner une histoire vivante tout en espérant que ces guerres ne se reproduiront pas...

Photo ci-contre: Herbert Herz tenant son diplôme d'honneur en compagnie d'un autre combattant et de sa femme.

Discours de Monsieur François Meylan, maire de Ferney:

 

On pense toujours que c’est la dernière fois.

Depuis 92 ans, depuis que le clairon a sonné à Rotonde à 11 heures, annonçant la fin d’une guerre mondiale sanglante et inhumaine, des citoyens se retrouvent annuellement devant leur monument aux morts pour commémorer la fin de la première guerre mondiale celle qui devait être la dernière.

En 1918 tous croyaient que plus jamais la France et l’Europe ne reverraient cela, que le matin du 11 novembre c’était comme un réveil après un long d’un cauchemar balayé par le retour du jour.

C’était vite oublier que le monde est habité d’hommes et de femmes qui façonnent la société en fonction de leurs intérêts et contre leurs peurs. Il en résulte le besoin d’accumuler des richesses pour une élite et accaparer le pouvoir pour préserver ces avantages souvent acquis au détriment des autres.

Puis il y eu 1939 et tout a rebasculé. Les souffrances des familles et la mort des soldats et des civils étaient à nouveau d’actualité. L’Europe, puis le monde se sont embrasés sema nt la peur et la mort. Encore…

Si nous sommes là aujourd’hui ce n’est plus pour être aux côtés des nôtres, mais pour nous souvenir de leur sacrifice et nous engager ensemble à consentir tous les efforts nécessaires pour changer.

Beaucoup ont cru que la science et le progrès seraient les remèdes à ce mal qui ronge le monde. Ils pensaient, et certains le pensent encore aujourd’hui, qu’avec la science source du progrès nous atteindrons enfin la paix et le bienêtre éternels, un e vie tous les jours plus belle.

Hélas nous devons regretter que tous les humains ne soient pas concernés de même façon par le progrès. Les hommes et des femmes de plus en plus nombreux dans nos pays développés sont touchés par la misère. Des peuples entiers sur tous les continents sont oubliés et exploités. Comment dans ces conditions leur expliquer que la paix est à nos portes, à eux qui ont souvent perdu l’espoir !

Aujourd’hui tous les ingrédients sont réunis pour que le monde explose : la crise économique, les injustices sociales, la monté du populisme, les affrontements religieux. Tout ce qui provoque la haine, la peur, le mépris de l’autre.

Une révolution politique ou technique ou scientifique ne saurait régler définitivement ces injustices. Nous en avons fait l’expérience.

 

Non, nous devons lutter les sources du mal, les peurs et les incertitudes pour le bienêtre des hommes et des femmes de la planète. Ce que le matérialisme et l’individualisme forcenés ne peuvent nous donner nous devons aller le chercher en nous-mêmes, dans l’ouverture des nos esprits.

C’est l’instruction et la culture qui sauveront ensemble le genre humain. Pas de miracle, pas ce coup décisif artificiel à attendre mais une lente amélioration des hommes. En attendant militons pour plus de tolérance et davantage de considération de l’autre. N’est-ce pas également le regard d’un être humain que nous croisons quotidiennement dans notre famille, dans les gens de notre quartier?

Nous pouvons voir circuler sur Internet des rappels pressants nous demandant de ne pas oublier, de lutter contre ceux qui nient les souffrances des conflits et surtout les martyres tombés dans toutes ces périodes de violence et de haine.

Le négationnisme progresse chaque jour, nous lui laissons le champ libre car nous avons souvent besoin de voir pour croire. Mais ceux qui sont morts ne peuvent plus témoigner alors les images de ces camps de la mort ouverts aux yeux du monde par les libérateurs de la seconde guerre mondiale mais aussi de toutes les guerres idéologiques conduites ensuite sont contestées et même combattues. Nous ne pouvons pas accepter cette guerre intellectuelle. Ce n’est pas en niant ces faits que nous élèveront nos sociétés.

Comme il est facile de tirer un trait sur la souffrance des autres et de nier les abominations!

Nous nous engageons tous aujourd’hui à ne pas oublier, à dire à nos enfants que cela a existé, que des hommes ont fait cela à d’autres hommes. Nous disons que nous travaillerons pour plus de partage et d’humanité.

 

Tel est le sens de notre présence, debout face à ce monument du souvenir.

 

Vive la république et vive la France.

 

François Meylan


 

 


 

08/11/2010

Ferney-Voltaire honore jeudi Herbert Herz

Herbert Herz, après avoir reçu la Légion d'Honneur il y a quelques années pour hauts faits de Résistance, va être honoré par la ville de Ferney-Voltaire à l'occasion du 11 novembre, en compagnie d'autres Résistants.

 

En effet l'année 2010  marque le 70 ème anniversaire des combats de 1940, de l'appel du 18 juin du général de Gaule, de la naissance de la France libre et des premiers pas dans la Résistance.

 

Dans ce contexte, le secrétaire d'Etat à la défense et aux anciens combattants, Monsieur Hubert Falcot, a souhaité exprimer la reconnaissance de la France à l'égard des combattants de la Seconde guerre mondiale et il a été décidé de remettre à chacun d'eux un diplôme d'honneur. C'est le maire de Ferney-Voltaire, Monsieur François Meylan qui a été chargé de leur remise.

 

En raison de délai d'organisation trop court pour organiser cette remise le 8 mai, il a été décidé de procéder à cette remise lors de la commémoration de l'armistice de la Première Guerre mondiale.

 

Cette cérémonie du souvenir se tiendra:

 

Jeudi 11 novembre à 11h45

au monument aux morts, Ferney-Voltaire

 

(devant la mairie)

 

Un vin d'honnneur suivra à la mairie.

 

 

Herbert Herz will receive an honour diploma as a fighter during WWII. You can assist at the ceremony thursday 11 November 11:45 at the "Monuments aux morts", war memorial, in front of the town house of Ferney-voltaire. A cocktail will follow at the town house.

08/02/2010

Francia et Louise Labioz-Lamberlin honorées de la médaille des Justes

Dominique Dord,                                                                     Herbert Herz,

député-maire d'Aix-les-Bains et                                  délégué du Comité français Yad Vashem

le Conseil municipal                                               pour la Suisse, la Savoie et le Dauphiné


vous prient de leur faire l'honneur d'assister à la cérémonie au cours de laquelle

Raphaël Morav,
ministre conseiller aux affaires économiques et scientifiques auprès de l'Ambassade d'Israël à Paris 

remettra  à titre posthume la médaille des "Justes parmi les Nations" à

Francia et Louise Labioz-Lamberlin.

représentées par leur neveu et leurs nièces
Gérard Labioz-Lamberlin,
Françoise Agoulay et Micheline Margulies

Le lundi 8 février 2010 à 18h
Salon d'honneur de l'Hôtel de Ville
Place Maurice Mollard
73100 Aix-les-Bains.

La médaille des Justes est décernée par le Mémorial Yad Vashem de Jérusalem aux personnes non juives ayant au péril de leur vie sauvé des personnes ou des familles juives sous l'occupation allemande.

 

21/11/2009

Les élèves de l'école Henry Dunant s'intéressent à la seconde guerre mondiale, par Mme Juliette Biber

Compte-rendu de la visite de M. Herbert Herz, à l’Ecole Henry-Dunant, le 30 octobre 2009

Un article de Marc Bretton, « A 20 ans, j’ai attaqué des nazis », paru dans la Tribune de Genève le 29-30 août dernier, m’a fait découvrir « la guerre » de M. Herbert Herz, jeune Juif allemand, résistant dans les FTP-MOI.

Pour nos élèves de 18-20 ans qui étudient des oeuvres de résistance et d’engagement telles que Le Silence de la mer de Vercors ou La peste de Camus, une rencontre avec M. Herz, âgé aujourd’hui de 85 ans, se présentait évidemment comme une opportunité à ne pas rater.

Pour connaître davantage M. Herz, j’ai lu le récit très clair et bien documenté de son action :"Mon combat dans la résistance FTP-MOI", Souvenirs d’un jeune Juif allemand, 2007, aux éditions Muriel Spierer. M. Herz y raconte notamment comment il a été sauvé de la déportation grâce à l’intervention d’un commandant de gendarmerie français, M. Maurice Berger, alors que son frère, Emmanuel, a été remis aux autorités françaises par les gendarmes suisses, ce qui l’a conduit à Auschwitz. Deux attitudes opposées de la part d’autorités, qui ont eu des conséquences diamétralement différentes !

Après quelques semaines de préparation et grâce aux efforts communs de plusieurs collègues, M. Herz est venu raconter ses souvenirs à l'Ecole, le vendredi 30 octobre. Sa prestation devant environ 150 personnes a été formidable : M. Herz a captivé les élèves, pendant une heure et demie !

M. Herz a d’abord rappelé les grandes lignes d’un contexte historique complexe (causes de la 2ème guerre mondiale, antisémitisme, guerre d’Espagne), vulgarisé certaines notions (les GMR, le STO) et nous a appris beaucoup de choses sur des événements dramatiques (Marianne Cohn) qui se sont déroulés à Annemasse, près de chez nous.

Ensuite, M. Herz a évoqué les persécutions nazies avec lucidité, et a su nous émouvoir en rappelant le souvenir de ses camarades torturés et exécutés.

Surtout, il a été magnifique de simplicité et de vérité pour évoquer ses souvenirs personnels : son entrée en résistance, son rôle de technicien, sa gestion du dépôt d’armes, les actions quotidiennes de son groupe.

M. Herz, en parlant de ses camarades de la FTP-MOI (Francs-Tireurs Partisans de la Main d’Oeuvre Immigrée, a insisté sur le fait que nombre d’entre eux étaient juifs, bien sûr, mais aussi d’origine étrangère. En effet, ces combattants de l’ombre étaient les fils et les filles de Polonais, Hongrois, Allemands, Espagnols, Italiens, qui avaient fui, dès les années trente, les persécutions nazies ou fascistes. Ils avaient été scolarisés en France et se battaient maintenant pour sa liberté. Dans notre contexte genevois de multiculturalité, cet élément n’a pas manqué d’avoir une certaine résonance.

Nous avons aussi visionné quinze minutes du film Etrangers, et nos frères pourtant. Ce documentaire, qui met en scène, dans leur contexte grenoblois, M. Herz et quatre de ses camarades, est épatant. Il fut très parlant de voir ces anciens combattants refaire les gestes de leurs actions. La réflexion de l’un des résistants sur la différence entre une action de sabotage et l’exécution d’un homme, parce que c’est un ennemi, pourra donner lieu à des développements en classe.

Enfin, M. Herz a fait preuve de beaucoup d’humanité, lorsque, pour répondre à une question d’élève sur la possibilité d’un nouveau génocide, il a mis en avant les nécessaires valeurs de tolérance et de respect envers l’autre dont il faut absolument faire preuve.

Juliette Biber

07/11/2009

Invitation à une remise de médaille des Justes:Un couple de Justes honorés en Savoie, dimanche 8 nov.

Invitation à assister à une remise de médaille des Justes parmi les Nations, dimanche 8 nov.09:

 

INVITATION

 

Le Maire François HERVE, le conseil municipal de Brison Saint Innocent,

et le Comité Français pour Yad Vashem représenté par

Herbert HERZ, délégué Savoie-Dauphiné

 

Vous convient à la réception organisée en l'honneur

De la remise de la médaille des Justes parmi les Nations

Décernée à titre posthume à

Honoré et Léa BERNICHON,

Représentés par leur fils Monsieur Norbert BERNICHON,

 

Le dimanche 8 novembre 2009, à 15h, à la Mairie de Brison Saint Innocent, près d'Aix-les-Bains en Savoie

 

Le couple Honoré et Léa BERNICHON ont abrité et sauvé un garçon juif menacé de déportation sous l'occupation allemande. Ce garçon est aujourd'hui le Docteur Serge GARBARG, cardiologue à Paris. Il viendra pour la circonstance à Brison où autrefois il a été sauvé.

 

La médaille sera remise par le délégué régional du comité français pour Yad Vashem, Herbert HERZ

 

 

 

11/10/2009

Mme Blanche Rorato honorée comme Juste parmi les Nations

Mme Blanche Rorato a été honorée mercredi 7 octobre 2009, à titre  posthume. de la Médaille des Justes parmi les Nations à Saint-Laurent-du-Pont, Isère, France.

C'est son fils Gérard Rorato qui a reçu pour sa mère la médaille des Justes, ainsi que le certificat qui l'accompagne, des mains de Herbert Herz, délégué de Yad Vashem pour cette région.

C'est à l'initiative de Mr. Henri Grajzgrund, sauvé ainsi que sa famille par Mme Blanche Rorato pendant la seconde guerre mondiale, que la mémoire de Mme Blanche Rorato a pu être honorée.

C'est en présence d'une assistance émue que cette cérémonie a eu lieu. Ci-dessous sont reproduits les discours de Messieurs Henri Grajsgrund, Herbert Herz et Gérard Rorato.

 

Discours de Mr Henri Grajsgrund:

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Monsieur le délégué du Comité français pour Yad Vashem

Messieurs les représentants des Associations

Monsieur le Maire de Saint Laurent du Pont

Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs,

Aujourd'hui, je suis de retour parmi vous à Saint Laurent du Pont pour la remise de la médaille des Justes des Nations par M. le Délégué du Comité Français pour Yad Vashem aux ayants droits de Mme Blanche Rorato, honorée à titre posthume.

J'avais dix ans, lorsque des événements que je ne pouvais comprendre ont totalement bouleversé la vie de mes parents et la mienne de jeune garçon.

J'ai relu récemment l'ouvrage "les sentiers de la liberté Dauphine 1939-1945" pour essayer de comprendre l'atmosphère de cette époque-

On était au cours de l'automne 1943 - et l'armée d'occupation italienne vaincue se retirait du Dauphiné et était remplacée par l'armée allemande.

C'était la fin de "l'occupation modérément opprimante" - comme indiqué dans les ouvrages relatifs à cette époque -

Ma famille d'origine juive polonaise était installée à Grenoble depuis plus de dix ans - et mes parents étaient très inquiets:

- de ce changement de situation,

- de la tension qui montait à Grenoble

- suite à l'assassinat de Monsieur André Abry en octobre 1943, et de la rafle du 11 novembre 1943

- du fait du regroupement des réfractaires du STO dans le maquis du Vercors- les Allemands renforçant leur garnison en prévision d'attaques du maquis.

Grâce à des relations amies sur Grenoble, mes parents ont pu entrer en contact avec Mme Blanche Rorato - habitant la Commune de Saint Laurent Du Pont au lieudit "Buisson rond" - où elle exploitait une ferme avec son mari- elle avait un fils, Gérard, qui avait 2 ans à l'époque -

C'était la campagne- on devait pouvoir y vivre sans se faire remarquer -

Ces personnes nous ont accueillis immédiatement- je pense en Octobre ou Novembre 1943- avec une très grande générosité, mettant à notre disposition un petit logement intégré dans cette ferme.

A cette époque, je n'avais aucune conscience de ce qui se tramait autour de nous, mes parents ne parlant jamais des événements devant moi.

De façon à ne pas attirer l'attention, j'avais été inscrit à l'école de Saint Laurent Du Pont- en tant que réfugié de la ville de Grenoble et habitant chez Mme Blanche Rorato- qui m'hébergeait.

Mes parents vaquaient aux occupations de la ferme, sans trop se faire voir de l'extérieur.

De cette période je n'ai que quelques souvenirs - me rapppelant que j'avais des vêtements chauds pour supporter l'hiver et qu'en fait je n'avais pas trop souffert de la faim - Mme Blanche Rorato veillant sur nous avec beaucoup de condescendance comme si nous étions de sa proche famille.

A l'école, je me souviens que j'étais dans la classe préparatoire au certificat d'études - ce qui représentait un premier diplôme d'importance pour mes parents - étant donné qu'ils étaient d'origine étrangère.

Pendant ce temps-là eurent lieu à Grenoble des rafles des Juifs par l'armée allemande, et notamment Place Vaucanson, la veille de Noël 1943, puis dans les mois qui suivirent.

Les nouvelles circulaient, mais Mme Blanche Rorato n'en a jamais fait  état à mes parents - d'après ce qui m'a été rapporté-

Un jour de printemps 1944, compte tenu de l'occupation du Massif du Vercors par les FFI, il y a eu une irruption de l'armée allemande à Saint Laurent du Pont - et ce jusqu'au hameau de "Buisson rond" à la ferme de Blanche Rorato - les hommes présents dans la ferme ont eu juste le temps de rejoindre les bois situés à proximité pour ne pas tomber entre les mains des Allemands.

Ma mère d'origine juive polonaise, parlait le yiddish allemand - et l'officier allemand a été agréablement surpris d'entendre quelqu'un parler couramment une langue qu'il comprenait, lui si loin de son pays natal.

D'après ce qui m'en a été dit plus tard, ils recherchaient les  hommes pour les arrêter, mais ma mère leur a répondu qu'ils avaient été réquisitionnés de force par le maquis et qu'elles étaient sans nouvelles d'eux.

Les officiers se sont contentés de cette explication et sont partis.

Le seul événement vraiment marquant dont je me souviens de cette époque - c'est le survol de Saint Laurent du Pont par une armada d'avions alliés - plusieurs centaines- au moment du débarquement en juin 1944 - après recherches, je pense qu'il devait s'agir de l'opération Zébra du 25 juin 1944, au cours de laquelle les alliés procédèrent en plein jour à un parachutage massif d'armes sur le Plateau du Vercors et sur d'autres sites dans l'Ain et le Jura -

Puis vinrent les journées de la Libération de Grenoble le 25 août 1944 -

Mes parents furent heureux de pouvoir enfin retrouver leur liberté en retournant à Grenoble et vivre libres.

Cette liberté retrouvée, ils l'ont due au courage et à la générosité de Mme Blanche Rorato qui a pris des risques au péril de sa vie d'héberger une famille juive dans la détresse.

Madame Blanche Rorato en savait les risques, mais comptait certainement sur la Providence pour que l'irréparable ne se produise. Elle a été exaucée, et nous nous en sommes tous sortis vivants, libres, mes parents marqués toujours par ces événements. -

Malheureusement mon père n'en a guère profité.

En effet, s'étant engagé volontairement en 1939 en tant qu'étranger, il était revenu en 1940 - après l'armistice très malade, suite à de nombreux ulcères résultant d'une très mauvaise nourriture -

Il est mort le jour de la Victoire le 8 mai 1945 - ayant eu encore la force et la joie d'entendre le carillon de toutes les cloches de ville en liesse.

L'hommage que vous rendez aujourd'hui à Mme Blanche Rorato est plus que mérité, en lui décernant à titre posthume la Médaille des Justes parmi les Nations - sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud " Quiconque sauve une vie, sauve l'univers tout entier".

Je sais que son fils aura à coeur de conserver précieusement cette médaille et de la transmettre de génération en génération, afin que le souvenir de Blanche Rorato ne soit pas effacé des mémoires.

J'associe à cet hommage le souvenir de mes parents qui ont vécu dans cette clandestinité avec la peur au ventre de ce qui pouvait arriver s'ils étaient pris, tant pour leur famille que pour leurs généreux bienfaiteurs.

Je viens de faire cette année le pèlerinage à Auschwitz, afin de me rendre compte de la réalité de la barbarie nazie - personne ne pouvait l'imaginer à l'époque.

J'en frémis encore.

Enfin, je voudrais rendre hommage aux nombreuses familles françaises encore anonymes qui, en Dauphiné, ont accueilli, hébergé des familles juives ou facilité leurs passages vers des lieux plus surs - et pour lesquelles un devoir de mémoire reste à accomplir.

Henri Grajsgrund

 

 

Discours de Monsieur Herbert Herz, délégué de Yad Vashem la Savoie, la Haute-Savoie et le Dauphiné

 

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Monsieur le Maire,

Medames, Messieurs, chers Amis,

Tout d'abord je tiens à remercier M. Louis Monin, le maire de Saint Laurent, et le Conseil Municipal, pour leur engagement et leur accueil chaleureux. Je remercie aussi M. Henry Grajzgrund  pour son témoignage et d'abord d'avoir engagé les démarches auprès du Mémorial Yad Vashem grâce auxquelles nous sommes aujourd'hui ici réunis.

C'est avec plaisir et une certaine émotion que je reviens aujourd'hui dans cette région, le Dauphiné où, réfugié moi-même en 1943 j'ai eu la chance de trouver le chemin de la Résistance. Cette terre hospitalière comme la Savoie voisine où sous l'occupation nazie, comme le dit le chant des Allobroges, "le malheur trouva protection".

Pourquoi, pourrait-on se demander aujourd'hui, pourquoi en ce temps de malheur des êtres humains injustement persécutés, devaient-ils chercher protection? C'est que dès la défaite de juin 1940 le gouvernement réactionnaire de Vichy avait emboîté le pas des occupants nazis dans leur dessein le plus inhumain, en décrétant hors la loi la population juive de ce pays. Ainsi étaient foulées aux pieds les traditions d'hospitalité et de générosité de la France. Dés lors la chasse à l'homme était ouverte, allant jusqu'à l'arrestation d'enfants juifs dans les écoles et les maisons d'enfants, que ce fut par la police de Pétain où par les occupants allemands eux-mêmes, comme non loin d'ici à Voiron au lieu-dit La Martellière en mars 1944. Si les nazis ont pu ainsi se saisir de 18 enfants et adolescents juifs, déportés ensuite sans retour, c'était grâce à une dénonciation. En effet les Allemands offraient une prime à tout dénonciateur de Juif ou de résistant.

Heureusement les Français dans leur très grande majorité ne mangeaient pas de ce pain là. Déjà par un silence complice ils permirent souvent aux familles juives réfugiées dans nos campagnes ou cachées en ville d'échapper au malheur. Cependant une minorité de nos compatriotes s'engagèrent activement dans la protection de nos familles pourchassées, dans le sauvetage de nos enfants, courant eux-mêmes de grands risques, sans rien demander en échange. Ces hommes et ces femmes de grand coeur, ces sauveteurs d'êtres humains menacés par la barbarie nazie, nous les appelons les Justes parmi les Nations.

Ces Justes qui sont "l'honneur et la fierté de la France", comme le Président Chirac s'est exprimé lors d'une cérémonie mémorable au Panthéon, il y a quelques années.

Nous sommes heureux aujourd'hui d'accueillir, parmi les deux mille Justes de France à ce jour déjà nommés, Blanche Rorato, votre Maman Monsieur Rorato, votre maman de mémoire bénie, pour avoir accueilli avec générosité, et ainsi sauvé une famille juive en détresse, la famille Grajzgrund.

L'élévation de personnes non juives au rang de Juste, aujourd'hui surtout à titre posthume, est effectuée sur la foi de témoignages ou de preuves irréfutables par le Mémorial central de la Shoah Yad Vashem à Jérusalem en Israël, que j'ai l'honneur de représenter dans notre région. Ce mémorial a été créé peu après l'édification de l'état d'Israël, pour perpétuer le souvenir des six millions de victimes juives de la Shoah, dont un million cinq cent mille enfants. Afin que nul n'oublie.

Le mot Shoah veut dire catastrophe en hébreu. Le nom de Yad Vashem est tiré de la Bible, du livre d'Isaïe qui nous est commun, à nous, juifs et chrétiens, où il est dit: "je leur ferai un monument – yad, et un nom – va shem, qui ne seront point effacés.

Le peuple juif est celui de la mémoire. Aujourd'hui encore après 65 ans, épris de justice il lui importe d'exprimer sa reconnaissance éternelle à celles et ceux qui l'ont secouru au temps de sa détresse.

Sur la Médaille des Justes au nom de votre maman défunte, cher Monsieur Rorato, sont gravées ces paroles de nos écritures:

"Qui sauve une vie sauve toute l'humanité" ce qui signifie que toute la descendance de la personne sauvée est ainsi préservée.

C'est pour moi un grand honneur et un plaisir de vous remettre, au nom de l'Ambassadeur d'Israël en France, cette marque de la gratitude du peuple juif, la Médaille des Justes et le Certificat d'Honneur qui l'accompagne.

Herbert Herz

 

Discours de Monsieur Gérard Rorato, fils de Mme Blanche Rorato

 

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Monsieur le délégué de Yad Vashem,

Monsieur le Député,

Monsieur le Conseiller Général,

Monsieur le président de la Communauté de Communes,

Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les Conseillers Communaux,

Henri,

 

 

Parmi les personnes présentes, bien peu ont vécu l'époque sombre des années 40, où Henri et ses parents ont partagé notre quotidien pendant presque un an. c'était un grand risque pour nous tous, mais cela ne m'atteignait pas. J'étais alors dans mes très jeunes années. Beaucoup plus tard, j'ai appris par mon entourage que les étrangers qui vivaient dans notre maison étaient des gens qui fuyaient l'occupant.

 

Plus de soixante ans après, un certain 1er novembre, Henri, avec beaucoup d'entêtement est parvenu jusqu'à cette maison qui l'avait abrité, aidé d'un seul détail qu'il avait mémorisé: le prénom de ma mère Blanche.

 

Grande émotion de part et d'autre, explications, évocations diverses: l'école de Villette, le bambin qu'il taquinait (c'était moi), la fuite de son père dans le bois du Buisson-Rond le jour où des soldats allemands s'en sont rapprochés... Une grande frayeur, une inquiétude permanente, une surveillance constante.

 

Lors d'une invitation chez Henri, nous avons ensemble consulté quelques photos, ce qui m'a permis de dénouer l'énigme de visages inconnus qui me troublaient sur certains clichés, ceux de nos hôtes cachés.

 

Ni les uns ni les autres ne sont plus de ce monde mais Henri, lui, n'a jamais oublié Blanche. S'il s'est efforcé de la retrouver pour la remercier, il ne peut aujourd'hui le faire.

 

En évoquant ici sa mémoire, il veut rendre hommage à son dévouement, son abnégation, et c'est pour elle qu'il m'a demandé d'être présent, entouré de quelques membres de la famille, des amis qui l'ont connue. C'est aussi un grand honneur qu'il a voulu lui rendre en sollicitant pour elle, en témoignage de sa reconnaissance la Médaille des Justes.

 

Je la reçois ce jour, pour Blanche, avec une très grande émotion. Cette distinction posthume touche toute la famille. Nous pensons à elle, à mon père aussi qui l'a accompagnée dans ses craintes, ses soucis, ses grandes angoisses du moment et dans les mêmes risques.

 

Femme humble, discrète, elle n'aurait jamais pensé, j'en suis certain, être pareillement honorée. Elle n'aurait pu dire qu'un seul mot, deux peut-être? Merci beaucoup... Ces deux mots pour Henri en particulier, pour sa démarche désintéressée mais aussi et très respectueusement pour Mr Herz délégué Savoie-Dauphiné pour Yad Vashem.

 

Quand à moi, je sais gré de leur présence à Mr Jean-Louis Monin, Maire de notre petite ville, qui nous accueille ce matin, de même qu'à ceux de nos élus et présidents des différentes associations qui ont fait le déplacement.

 

Et je termine en disant très simplement à Henri: "Ma maison te reste ouverte"

Merci encore.

 

Gérard Rorato

 

Quelques photos de la cérémonie:

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25/09/2009

Newsletter de la Communauté Israélite du 24 septembre 09

 

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Herbert Herz, son histoire hors du commun

Herbert Herz a travaillé comme fonctionnaire au C.E.R.N (Organisation européenne pour la recherche nucléaire). Aujourd’hui âgé de 85 ans, marié, 3 enfants, sa vie de famille est très remplie. Il cultive l’art d’être grand-père avec beaucoup de fierté.

Mais la vie d’Herbert Herz n’a pas toujours été facile… il a dû combattre pour survivre…

C’est avec émotion et gentillesse qu’Herbert Herz nous raconte « son histoire hors du commun ».

Au cœur d’une famille traditionnaliste et sioniste, Herbert Herz passe son enfance en Allemagne. Le nazisme s’intensifie. Il décide de partir et s’installe en France, à Dijon, en 1934.

En 1942, il est arrêté par le régime de Vichy.

Libéré miraculeusement grâce à l’intervention du Directeur de son collège auprès de la Gendarmerie, Herbert Herz commence une vie clandestine…

Sa fausse carte d’identité française lui permettra de parcourir la France.

En Septembre 1943, l’occupation allemande est totale ; il entre en résistance armée avec les communistes à Grenoble. Ce groupe de résistants et de resistantes, les FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans – Main-d’œuvre immigrée), est l’un des plus actifs et des plus déterminés. L’objectif : nuire à la machine de guerre infernale allemande ! Sabotage d’usines, de voies ferrées, de garages travaillant pour les troupes d'occupation… la résistance se met en place pour « démontrer la vulnérabilité de l’Allemagne ».

Herbert Herz sera responsable du dépôt d’armes qui ne fut jamais découvert par l’ennemi et a participé à de nombreuses actions allant jusqu'à attaquer les troupes de la Wehrmacht.

En 1996, il reçoit la Légion d’Honneur.

A travers son livre dédié à ses « camarades » (Mon combat dans la Résistance FTP-MOI, Souvenirs d’un jeune Juif allemand, Editions Muriel Spierer), il souhaite transmettre son message aux générations futures. Son témoignage contribue à mieux faire connaître la participation des étrangers à la Résistance française et parallèlement l’engagement des Juifs dans la lutte contre « l’hitlérisme ».
Herbert Herz perpétue la mémoire et le souvenir…

…de Simon Fried, jeune Juif résistant, arrêté lors d'une action, qui fut condamné à mort et exécuté; …de deux jeunes filles, héroïnes et martyres de la Résistance juive: Marianne Cohn et Mila Racine, qui sauvèrent des enfants juifs en les faisant passer en Suisse.

Il perpétue également la mémoire et le souvenir de la Shoah.

Herbert Herz est très impliqué en faveur d’Israël. En tant que délégué de l’Institut Yad Vachem de Jérusalem depuis plus de 20 ans, il se « bat » pour rechercher et faire honorer de la « médaille des Justes des Nations », les personnes ayant sauvé les Juifs de la Shoah au péril de leurs vies.

Nous leur devons une fière chandelle ; eux qui nous permettent aujourd’hui de vivre dans un monde plus « Juste ».
Plus d'infos : http://www.herbertherz.blogspot.com et http://herbertherz.blog.tdg.ch
Le film « L’armée du crime » sorti le 16 septembre dernier en salle a été en partie inspiré par l’ouvrage d’Herbert Herz.

Madame Margalit Mimran

Newsletter de la Communauté Israélite de Genève, 24 septembre 2009

14/09/2009

Jüdischer Widerstand im besetzen Frankreich 1940-44

Jüdischer Widerstand im besetzten Frankreich 1940-44

von Herbert Herz

Welche Beziehung gibt es zwischen der Entstehung des Staates Israel, dessen 60. Geburtstag wir in diesem Jahr feiern, und der Beteiligung eines jüdischen Jugendlichen an einer kommunistischen Bewegung der Gehorsamsverweigerung im besetzten Frankreich? Der jüdische Staat ist 1948 - das ist klar - nur dank des Sieges der Alliierten über das Nazideutschland einige Jahre zuvor entstanden. An diesem Sieg und an den vorangehenden mörderischen Kämpfen haben zahlreiche, vorwiegend junge jüdische Männer und Frauen teilgenommen, teils in regulären Armeen, teils in den verschiedenen Widerstandsbewegungen. Sie haben für unser Überleben, unsere Freiheit und Würde gekämpft. Als einer von ihnen sehe ich es als meine Pflicht, Zeugnis abzulegen, und sei es nur im Namen meiner Kameraden, die im Kampf gegen den Feind gefallen sind.

Nachdem ich der Deportation knapp entkommen war, fand ich im Sommer 1943 Unterschlupf in Grenoble. Weit entfernt von meiner Familie hatte ich Freunde in den Jugendherbergen gefunden. Auf dem Rückweg von einem Sonntagsausflug fuhr einer von ihnen, der mich wohl den ganzen Tag über beobachtet hatte, mit seinem Fahrrad an meiner Seite und sprach auf mich ein über die Pflicht jedes einzelnen, besonders der jungen - kurz, er warb um mich für die Widerstandsbewegung, der er angehörte, der kommunistischen Jugend. (Dieser Kamerad, Charles Wolmark, militanter und sehr idealistischer Pariser Jude, sollte später in die Hände der Deutschen fallen. Er wurde erschossen und starb als Held.) Im Widerstand arbeiten, das wollte ich, daher sagte ich ohne Zögern zu. Aber wenn man mir an diesem Tag vorgeschlagen hätte, in den jüdischen Widerstand einzutreten, hätte ich ebenfalls, oder sogar noch eher, zugesagt, denn ein solches Engagement hätte noch besser meiner Familientradition entsprochen. Mein Vater, der zu dieser Zeit nicht mehr lebte, war seit den 20er Jahren in Deutschland ein sehr engagierter Zionist gewesen.

Der jüdischen Widerstandsbewegung, der ich zwar nicht angehörte, aber der ich mich heute näher fühle, möchte ich mein besonderes Gedenken widmen. Diese Bezeichnung umfasst die zionistische Jugendbewegung, die Untergrund-Hilfsorganisation für Kinder OSE, die jüdische Pfadfinderorganisation Eclaireurs Israelites (die 6. im Untergrund), und andere jüdisch-nationale Bewegungen. In den letzten Monaten vor der Befreiung hatte der Widerstand eine Organisation geschaffen (der Maquis), der sich in Südwestfrankreich offen jüdisch gab und der gaullistischen Bewegung zugeordnet war. Jedoch war das Hauptziel des jüdischen Widerstandes, ein Maximum an Menschenleben vor dem Unheil zu retten, vor allem Kinder. Mutige und hingebungsvolle junge Frauen und Männer, Juden und ihre christlichen Helfer, durchquerten das Land nicht ohne Risiko, um unsere gefährdeten Kinder in bäuerlichen Familien oder in religiösen Institutionen unterzubringen. Oder sie geleiteten sie in Gruppen heimlich in die Schweiz.

So wurden hunderte von Kindern und auch Erwachsene gerettet, von denen viele sich später am Aufbau des Staates Israel beteiligten. Leider wurden zwei dieser Begleiterinnen bei dem Versuch, die Grenze zu überqueren, von den Deutschen festgenommen. Da war zunächst Mila Racine, eine russische Jüdin. Auf ihrer Deportation wurde sie bei einem alliierten Luftangriff in Deutschland tödlich getroffen. Nach Milas Deportation übernahm Marianne Cohn, eine deutsche Jüdin, ihre Aufgabe. Nachdem sie mehrere Male Gruppen erfolgreich über die Grenze gebracht hatte, fiel sie Ende Mai 1944 mit ihren etwa 30 Schützlingen in die Hände der Gestapo von Annemasse. Es ist dem Bürgermeister dieser Stadt, Jean Deffaugt, einem vorbildlichen Gerechten, zu verdanken, dass alle Kinder gerettet wurden. Aber Marianne wurde grausam von den Nazischergen umgebracht. Eine Schule in Annemasse trägt heute ihren Namen. So ist ihr Gedenken gewährleistet.

Parallel zur zionistischen Bewegung leisteten die jüdischen Organisationen der Linken in Frankreich, zusammengefasst in der UJRE (Union des Juifs pour la Résistance et l’Entreaide), auch bemerkenswerte Rettungsarbeit. In Zusammenarbeit mit der UJRE bemühte sich die Union der jüdischen Jugend (UJJ) durch Herausgabe von Untergrundflugblättern und -zeitungen die durch ihre prekäre Situation ratlose jüdische Jugend, zu versammeln und für den Widerstand zu motivieren. Eigentlich diente die UJJ zur Rekrutierung von Jugendlichen zum bewaffneten Widerstand, d.h. zu den FTP-MOI (Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d’Oeuvre Immigré), denen ich selber im September 1943 zu meiner grossen Zufriedenheit beitrat nach einigen Wochen bei der kommunistischen Jugendbewegung, wie eingangs erwähnt. Ich wage die FTP-MOI der jüdischen Widerstandsbewegung nicht zu beurteilen, denn diese Bewegung war international. Sie vereinigte Immigranten verschiedener Herkunft, aber politisch einig, republikanische Spanier, antifaschistische Italiener, Armenier und andere.

Alle waren sie unsere Waffenbrüder. Jedoch machten die Juden, vor allem polnische, ungarische, rumänische bei weitem das zahlreichste, das kämpferische Element aus, darauf versessen, dem Erzfeind, dem nazideutschen Besetzer, schmerzliche Verluste zuzufügen. Es war das Bewusstsein unserer jüdischen Identität, die uns diese Wut im Bauch verursachte, den Rachedurst für unsere ohne jegliche Hoffnung auf Rückkehr deportierten Verwandten.

Die Einheit, der ich angehörte, das Kommando « Liberté » der FTP in Grenoble, zählte etwa 30 Mitglieder. Seitdem war ich also ein Vollzeitsoldat ohne Uniform. Ich hatte meine bezahlte Tätigkeit aufgeben müssen; zum Unterhalt bekam ich wie meine Kameraden einen Sold. Wir mussten alle sehr strenge Sicherheitsvorkehrungen beachten. Unser Kommando bestand aus mehreren Gruppen. Die, zu der ich gehörte, war eine homogene jüdische Gruppe von acht sehr motivierten Kämpfern : vier - unter ihnen der Kommandeur – kamen aus Polen, drei ungarische Studenten und ich, gebürtiger Deutscher. Wir wuden eins wie die Finger einer Hand. (Von diesen acht sind drei später leider gefallen).

Ich war der « Techniker » der Gruppe und später der Einheit. Man übertrug mir die Wache über unser Waffen- und Sprengstofflager, ein ziemlich exponierter Posten. Zum Glück wurde der Ort nicht vom Feind entdeckt. Im März 1944 , nachdem mir der Boden zu heiss unter den Füssen geworden war, wurde ich von Grenoble nach Lyon zur heute legendären Brudereinheit « Carmagnole » versetzt.

Unsere Kommandeure waren Ehemalige aus der Internationalen Brigade des spanischen Bürgerkrieges, fast alle Juden. Unsere Waffenausrüstung war sehr begrenzt. Da wir nicht von den Fallschirmaktionen der Alliierten profitieren konnten, mussten wir unter grossem Risiko französische Polizisten angreifen, ohne ihnen ein Leid anzu tun, um ihnen ihre Waffen abzunehmen. Wir, die FTP-MOI, waren wirklich die armen Verwandten des Französischen Widerstandes.

Damit komme ich auf unsere Tätigkeit : Unser Hauptziel war, der deutschen Kriegsmaschine zu schaden, um der sowietischen Armee, wenn auch nur ein wenig, Hilfe zu leisten, die bis Juni 1944 allein gegen die überlegene Feindesmacht kämpfte. Wir haben uns also daran gemacht, die französische Industrie, die für die Deutschen arbeitete, zu sabotieren. Ich nenne hier nur ein Beispiel, den Angriff auf die Chemiefabrik Coignet in Lyon am 30. April 1944. Etwa 30 unserer Partisaninnen und Partisanen drangen am Abend in die Fabrik ein und machten das Personal widerstandslos/ kampfunfähig. Die ganze Nacht besetzten wir die Fabrik, legten die Maschinen lahm und Sprengstoff an geeigneten Stellen.

Früh am Morgen nach der Sperrstunde und nachdem wir die Zeitzünder eingeschaltet hatten, zogen wir uns zurück und zerstreuten uns in aller Ruhe. Das Ergebnis : Ein grösseres Phosphorlager zerstört und die Produktion für mehrere Monate unterbrochen.

Diese Art Aktion war weit wirksamer und schonte mehr Menschenleben als die Bombardierung der alliierten Luftwaffe. Andere Sabotageakte waren auf der Eisenbahnlinie. So sah unsere tägliche Arbeit, vor allem nachts, aus.

Wir wagten es sogar, die deutsche Wehrmacht anzugreifen, im vollen Bewusstsein, damit auch Vergeltungsmassnahmen hervorzurufen. So explodierten am 31. Januar 1944 ferngezündete Bomben auf dem Durchzug einer deutschen Truppe, die unterwegs zur Übung nach Grenoble war. Die Anzahl der Toten und Verwundeten an diesem Tag hatte keine Bedeutung. Es ging darum, ihren Dünkel zurückzustecken, ihnen zu verstehen zu geben, dass sie nicht unverwundbar seien. Die Operation war gelungen, ohne Verluste auf unserer Seite. Ohne je einzelne einfache Soldaten anzugreifen, ist es vorgekommen, dass wir einen deutschen Offizier töteten. Jedoch die Männer, die wir verfolgten, um sie ohne Gnade zu bekämpfen, waren französische Milizionäre, Handlanger der Nazis und oft noch grausamer als diese.

Mit viel Glück habe ich den ganzen Krieg ohne eine Schramme überstanden. Hingegen haben viele meiner Kameraden ihren selbstlosen Einsatz mit dem Leben bezahlen müssen. So sehe ich es als meine Aufgabe, ihrer zu gedenken, auch wenn ich mich auf nur wenige unter ihnen beschränke.

Auf der Rückkehr von einer Aktion bei Grenoble wurde Raymond Grynstein, alias Antoine, und die Gruppe von Partisanen, die er befehligte, von den Deutschen überrascht. Antoine deckte den Rückzug seiner Kameraden mit der Waffe, ehe er sich im letzten Moment selber mit einer Handgranate in die Luft sprengte, um nicht lebend in die Hände des Feindes zu fallen.

Etienne Goldberger wurde von Vichys Polizei festgenommen und gefoltert, aber er gab dem Feind nichts preis, nicht einmal seinen Namen. Er wurde erschossen und starb unter dem angenommenen Namen in seinen falschen Papieren.

Simon Fryd wurde bei einer Lebensmittelkartenkontrolle von der Polizei in Lyon verhaftet. Von der Spezialeinheit des Gerichtes wurde er zu Tode verurteilt und wie ein Verbrecher hingerichtet. Seine Kameraden rächten ihn, indem sie den Staatsanwalt, der ihn zu diesem ungerechten Tod verurteilen liess, umbrachten.

Jeanine Sontag, gebürtige Schweizerin, kam von der gaullistischen Widerstandsbewegung zu den FTP, weil sie kämpfen wollte. Sie wurde bei einem Angriff auf eine Autowerkstatt, die für die Deutschen arbeitete, festgenommen, furchtbar gefoltert, aber ohne der Gestapo etwas preiszugeben. Heldenhaft bis zum Ende teilte sie das Schicksal der anderen Gefangenen der Deutschen im Fort Monluc in Lyon. Alle wurden erschossen.

Zu ihrer Gerechtigkeit möchte ich betonen, dass zahlreiche Juden, ausserhalb der erwähnten Organisationen im Maquis der verschiedenen Gegenden Frankreichs tätig waren. Ebenso flohen viele unserer Jugendlichen aus Frankreich, um über Spanien nach England zu gelangen und unter de Gaulles Befehl zu kämpfen.

Alle diese freiwilligen Kämpfer haben dazu beigetragen, den Sieg über die Naziherrschaft zu beschleunigen und schliesslich Theodor Herzls Traum, einen jüdischen Staat, wahr werden zu lassen. Ihnen gilt unsere Anerkennung.

 

 

Herbert Herz

Übersetzung von Hilda Malka

05/09/2009

"L'Armée du Crime" film de Robert Guédiguian, liste des mouvements de Résistance et bibliographie

Ci-dessous un lien vers une page d'un site conjoint entre les professeurs d'histoire et de géographie français et le Musée de la Résistance Nationale sur le film de Robert Guédiguian:" l'Armée du Crime". Ce film sortira le 16 septembre 2009. Il a été présenté au Festival de Cannes en présentation officielle hors compétition. Le site contient quelques informations pour mieux comprendre les différents mouvements de Résistance en France pendant la seconde guerre mondiale, le réalisateur s'est basé en partie sur le livre de Herbert Herz, qui explique comment fonctionnait la Résistance FTP-MOI, pour réaliser son film.

 

http://enseignants.larmeeducrime-lefilm.com/uploads/docs/...

 

29/08/2009

A 20 ans, Herbert Herz attaquait les nazis. Article par Marc Bretton TDG

Ci-dessous l'interview de Herbert Herz parue dans la Tribune de Genève du 29-30 août 2009 et effectuée par Marc Bretton, ainsi que son article sur Marianne Cohn et le convoi des 32 enfants juifs qu'elle accompagnait pour passer en Suisse au mois de mai 1944. La mémoire de Marianne Cohn a été honorée suite à l'intervention d'Herbert Herz auprès de la mairie d'Annemasse. Une école porte son nom.

 

«A 20 ans, j’ai attaqué des nazis»

Le récit | Fuyant le nazisme, Herbert Herz est entré dans la Résistance à 19 ans dans un réseau communiste. Habitant de la Servette pendant quarante ans, il a instruit les dossiers de 117 «Justes parmi les Nations».

© Laurent Guiraud | Herbert Herz. «Notre pain quotidien, c’était le sabotage des voies ferrées. Plus rarement les occupations et le sabotage d’usines.»


MARC BRETTON | 29.08.2009 | 00:03

Le 31 janvier 1944 au matin, des troupes allemandes quittent leur caserne grenobloise pour faire l’exercice. «Elles longeaient les quais de l’Isère en chantant», se souvient Herbert Herz.

Habitant de la Servette pendant quarante ans, l’ancien résistant du réseau FTP-MOI (Francs-tireurs et Partisans-Main-d’œuvre ouvrière immigrée) est aujourd’hui âgé de 85 ans. Nous l’avons rencontré dans le cadre des manifestations organisées pour la libération d’Annemasse. C’est un peu à contrecœur qu’il résume «sa» guerre. Il a tort. Elle vaut tous les films d’action.

Avec Léon, un camarade, Herbert Herz se souvient encore comment il a soigneusement enfoncé ses détonateurs dans la cheddite, un explosif jaune dont il a rempli des bombes disposées sur le parcours. A quelques dizaines de mètres, les deux résistants attendent l’arrivée des Allemands.

Herbert relie les fils et une batterie de piles. Contact. Les FTP revendiquent 15 morts suite à l’attentat. «Un nombre probablement exagéré», estime-t-il néanmoins. Soixante-cinq ans après, que pense-t-il de coup d’éclat? «J’aurais préféré attaquer des SS ou des officiers.»

Malgré sa pointe d’accent bourguignon, M. Herz est un juif allemand. Sa famille a fui le pays début 1934 pour gagner Dijon. La guerre arrive et c’est la débâcle. Avec son frère et sa mère – son père est mort un an plus tôt – il se retrouve en Auvergne en zone non occupée. Mais Vichy accentue la collaboration.

A l’été 42, c’est la rafle. Herbert est libéré in extremis par un officier de gendarmerie, membre des réseaux militaires de l’Armée secrète, qui sera déporté plus tard. A-t-il eu peur d’être envoyé dans un camp de concentration? «On ne savait pas que les camps d’extermination existaient. On savait simplement qu’il y avait des camps en Allemagne ou en Pologne.»

Frère livré par la Suisse

Pour se mettre à l’abri, son frère aîné, Emmanuel, rejoint la Suisse via Saint-Gingolph. Si tout va bien, la famille doit le rejoindre. Mais Emmanuel est arrêté après la frontière par la gendarmerie suisse et remis aux mains des autorités françaises. La suite est tragique. Il passe par les camps de Rivesaltes, Drancy et Auschwitz, dont il ne reviendra pas.

Que pense Herbert de cette Suisse qui a livré son frère? Dans un livre publié récemment, il répond: «J’éprouve un certain sentiment de rancune sans pouvoir changer ce qui a été fait. (…) Cette retenue se manifeste par le refus de me faire naturaliser suisse (…) C’est ma façon d’honorer la mémoire de mon frère et de rester fidèle à la Résistance française.»

De son côté, Herbert part dans le sud-ouest avec le dessein de rejoindre l’Angleterre. Filé par la police, il gagne ensuite Grenoble occupée par les Italiens. C’est là qu’il est recruté par les FTP du détachement «Liberté» où il effectue des actions bénignes, puis des attentats.

Pourquoi être entré dans un réseau communiste? «Le hasard. J’aurais pu aussi bien entrer dans une organisation juive ou gaulliste.» «Soldat sans uniforme à plein temps», il est intégré dans un groupe de combat. Les armes sont rares: «Celles qu’on a eues, on a dû les prendre en abattant des officiers allemands ou en braquant des gendarmes français.»

A quoi ressemble la journée d’un résistant? «Notre pain quotidien, c’était le sabotage des voies ferrées. Plus rarement les occupations et le sabotage d’usines (Gerland à Lyon, Fit à Grenoble).» Étonnamment, toutes les actions ont été faites à visage découvert. «Se masquer? Cela ne nous est jamais venu à l’esprit», remarque-t-il.

En 1944, le jeune homme est nommé «technicien» du détachement. Il gère la maintenance des armes, le dépôt. En mars, le pavé de Grenoble devient brûlant. Il est transféré à Lyon. «Le jour on faisait du renseignement, la nuit on sabotait les voies. Mais on était très seul. Par crainte des arrestations, on vivait séparément. On n’avait pas d’amis.»

A l’été 44, il part pour Toulon. Le 6 juin, suite au Débarquement, son groupe prend le maquis. Pourquoi pas plus tôt comme au Vercors ou aux Glières? «C’était des héros, chapeau bas. Mais ils sont sortis trop tôt. Les Allemands avaient une incroyable supériorité en armes et en hommes. Le grand avantage de la Résistance, c’était d’être invisible.»

La guerre se termine. Un peu suspects, les FTP sont versés au sein de l’armée française, lorsqu’Herbert Herz la quitte: «Ma mère m’a fait comprendre qu’elle avait perdu mon père, mon frère et que j’en avais assez fait», soupire-t-il. Soixante-cinq ans après, il a encore un petit remord: «J’ai fait un complexe d’avoir quitté avant la fin», avoue-t-il.

Après la guerre, Herbert Herz terminera ses études d’ingénieur et travaillera au CERN. La guerre le rattrape, si l’on peut dire, au milieu des années 80. Il devient alors correspondant pour la Fondation Yad Washem. Il a instruit les dossiers de 117 «Justes parmi les Nations».

➜ «Herbert Herz Mon combat dans la Résistance FTP-MOI», édité par Muriel Spierer.


Mai 1944: un convoi d’enfants juifs est arrêté à deux pas de la frontière

Deux rescapés ont assisté à l’anniversaire de la libération d’Annemasse fêté tous les 18 août.

On accède au monument par un petit chemin qui serpente dans une maigre forêt. Au milieu, une pierre où frissonnent des drapeaux tricolores. C’est ici qu’en juillet 1944 les Allemands massacrent six détenus à coups de bottes et de pelles. Parmi eux, une femme de 22 ans, Marianne Cohn. «La Gestapo est venue la chercher à la prison de la Pax à Annemasse, se souvient Sam Jacquet. Quand on l’a emmenée, elle a demandé si elle pouvait emporter sa brosse à dents. L’officier lui dit que ce n’était pas nécessaire: on a compris.» Soixante-cinq ans plus tard, alors que la ville frontière fête sa libération, les anciens combattants et les autorités sont venus lui rendre hommage.

Le rouge à lèvres

Avec Alice Lentz (photo ci-dessus), Sam Jacquet est un des rescapés d’un convoi de 32 enfants juifs partis de Limoges fin mai 1944 pour Genève.

Leurs familles veulent les mettre à l’abri. Marianne Cohn, membre d’un réseau sioniste, est leur guide. «Nous sommes passés par Lyon puis Annecy», raconte Sam Jacquet, qui semble revivre chaque minute du voyage. «C’est là, au bord du lac, qu’elle nous a rejoints. Petite, brune et souriante», ajoute Alice.

La suite du parcours se fait en camion. «En arrivant non loin de la frontière, on s’embrassait, c’était la liesse», explique Sam Jacquet. In extremis, des Allemands apparaissent. Le véhicule est arrêté. Marianne Cohn raconte que les enfants sont des orphelins en route pour une colonie de vacances au Salève. Le groupe est escorté jusqu’à la colonie supposée à deux pas de Veyrier au Pas-de-l’Echelle.

Pendant la nuit, les Allemands reviennent et arrêtent tout le monde. Alice ne se souvient pas d’avoir eu peur. «On avait ri pendant le voyage. On s’était amusé et soudain c’était fini. Je ne comprenais pas: il ne m’était jamais rien arrivé», explique cette femme au regard vif et perçant. Obéissant aux consignes, elle mange sa carte d’identité, mais garde son rouge à lèvres: «Tant qu’à mourir, je voulais au moins en avoir mis une fois!»

Marianne Cohn reste

Que vont devenir les jeunes? Par l’intermédiaire du maire d’Annemasse, Jean Deffaugt, la Résistance menace le commandant allemand: il sera exécuté si les enfants quittent la ville.

Du coup, le courageux magistrat obtient la libération de 17 enfants. Mais les plus «grands» restent emprisonnés: les garçons sont interrogés et battus; les filles déshabillées. «J’étais nue devant une dizaine d’officiers. Ils m’énervaient. J’ai demandé si je devais enlever aussi mes chaussures.

Ils m’ont répondu: ne soyez pas insolente», raconte Alice. La Résistance organise l’évasion de Marianne Cohn. Mais la jeune femme refuse de partir: elle a peur pour les enfants. L’été passe. Peuplé d’événements futiles ou marquants. Mis à la cuisine, Sam crache dans les pommes de terre destinées aux Allemands.

Il fume sa première cigarette le 7 juin à 19 h 30. Le 4 août, un des chefs de la Résistance, Michel Blanc (lire ci-dessous), est torturé, battu à coups de nerf de bœuf dans la prison. Sam est chargé de lui apporter de l’eau.

Le 14 août, les jeunes sont libérés par les Allemands, qui s’enfuient peu après (lire ci-contre). Le convoi, reconstitué, arrive finalement à Genève. Les enfants seront internés dans un camp au Bout-du-Monde.



La libération d’Annemasse

Après de brefs combats, les troupes allemandes se sont évaporées.

❚ Le 14 août, Londres donne l’ordre à la Résistance de se soulever en Haute-Savoie.

❚ Le 16 août Machilly et Saint-Cergues sont libérées après un combat qui fait seize morts.

❚ Le 17, le responsable de la Gestapo, Kurt Meyer, passe la frontière avec le tortionnaire attitré du siège des troupes allemandes et son chauffeur. C’est la rançon de la libération de plusieurs détenus.

❚ Le 18 août, c’est la fin. Occupé par les Allemands, puis les Italiens, puis à nouveau par les Allemands en 1943, Annemasse est libérée ou plutôt se libère.

❚ Au matin, les deux tiers de la garnison de l’hôtel Pax, siège des troupes allemandes, soit une centaine d’hommes, fuient en camion vers Genève.

❚ L’hôtel Pax est assiégé par les Francs-Tireurs et partisans et les détachements de l’Armée secrète.

❚ A 10 h 15, après avoir tenté d’obtenir un sauf-conduit vers Genève, 70 Allemands se rendent au maire Jean Deffaugt et aux responsables militaires. Sept détenus sont libérés.

❚ Pendant ce temps, les troupes alliées remontent la France depuis l’ouest puis, à partir du débarquement de Provence, depuis le sud. Paris est libérée le 25 août «par lui-même et avec le concours des Alliés», claironne fièrement le général de Gaulle. Lyon doit attendre le 3 septembre.

27/06/2009

Emission radio sur Dora et Elie Pressmann sauvés par Antoine Besson

Frédérique Pressmann, journaliste audio à ARTE Radio, a réalisé un documentaire sur son père Elie Pressmann, sauvé pendant la guerre avec sa soeur Dora par Antoine Besson.

Ce documentaire a été enregistré lors de la cérémonie de remise de la médaille des Justes à Montmélian en l'honneur d'Antoine Besson. (Voir à cet égard la note intitulée: "Antoine Besson reçoit la médaille des Justes".)

Tiré du site d'ARTE Radio:

"Pendant l'Occupation un petit enfant juif, Elie Pressmann, a été caché par un habitant de Montmélian (Savoie). Soixante ans plus tard, Antoine Besson reçoit la médaille de "Juste entre les nations" à titre posthume. Elie Pressmann revisite les lieux de son enfance en compagnie de sa famille. Du présent au passé, sa fille  Frédérique tisse en virtuose la mémoire des siens et l'écho de l'Histoire. "

Vous pouvez écouter  cette émission d'une durée de 31 min 11 sec en cliquant ci-dessous sur la touche "écouter" (comme sur un enregistreur):

 

 

20/11/2008

Salon du livre sur la Résistance à Grenoble ce week-end

salon du livre du régionalisme alpin Grenoble 11.2008.jpg

Le salon du livre du Régionalisme alpin a pour thème cette année la Résistance pendant la seconde guerre mondiale dans les Alpes.

 Herbert Herz sera présent à Grenoble et dédicacera son livre pendant toute la durée du salon, vendredi, samedi et dimanche 21, 22 et 23 novembre.

Le livre d'Herbert Herz relate son combat ainsi que celui de ses camarades, étrangers dans la Résistance communiste en France. Ceux-ci étaient en grande majorité Juifs. Ce combat consistait principalement en guérilla urbaine et s'est , pour l'auteur, principalement déroulé à Grenoble et à Lyon.

09/07/2008

Antoine Besson reçoit la médaille des Justes

Le dimanche 29 juin, à Montmélian, Antoine Besson, ancien maire de cette ville savoyarde a été honoré à titre posthume de la Médaille des Justes parmi les Nations décernée par l'institut Yad Vashem de Jérusalem pour son action de sauvetage de deux enfants juifs pendant la seconde guerre mondiale. C'est le petit-fils d'Antoine Besson, Patrick Postel qui a reçu la médaille ainsi que le diplôme qui l'accompagne des mains d'Herbert Herz délégué de Yad Vashem en Savoie, Haute-Savoie, Ain et Suisse Romande. Une nombreuse assistance, dont beaucoup d'enfants, était présente. Dora et Elie Pressmann, qui étaient ces deux enfants de l'époque, avaient fait le voyage de Paris pour honorer la mémoire de leur sauveteur. Ils sont toujours restés en contact avec lui et sa famille après la guerre et ont noué des liens qui ont perduré avec les années.  Frédérique Pressmann, journaliste à Arte-Radio, est en train de faire un reportage sur Antoine Besson qui sera retransmis cet automne 08 sur Arte Radio (radio par internet). 

Ci-dessous les discours du témoin sauvé Elie Pressmann ainsi que celui d'Herbert Herz et quelques photos de la cérémonie.

Discours d'Elie Pressmann:

 
Madame le maire, monsieur le délégué du Comité Français de de Yad Vashem, monsieur le Président de la communauté israélite de Chambéry, cher Patrick, chers amis.

Il y a 65 ans, dans les tous premiers jours du mois de janvier 1943, en plein hiver glacial, je débarquais dans cette ville de Montmélian en compagnie de ma soeur aînée, Gisèle. J’avais tout juste 10 ans, Antoine Besson 60 ans. Je suis donc plus âgé aujourd’hui qu’il n’était à cette époque. Quelle émotion de remonter ainsi le temps. Le temps d’une vie déjà longue. Et quelle émotion de pouvoir aboutir aujourd’hui, avec vous tous réunis à cette remise de médaille.

Mon père et ma mère pour fuir les pogroms étaient arrivés de Biélorussie à Paris en 1923. Ils eurent trois filles, Gisèle, Dora, ici présente à mes côtés, Marcelle et moi-même, le petit dernier. Dora et moi sommes les seuls survivants aujourd’hui. Nous formions alors une famille simple et sans histoire jusqu’à l’entrée en guerre. Mes sœurs allaient à l’école primaire de la rue de Sévigné à Paris, lorsqu’en 1939 eut lieu l’exode général des écoles. L’exode était conduit par des enseignantes de cet établissement. La responsable de ce groupe Berthe POSTEL, fille aînée d’Antoine BESSON avait demandé à sa sœur Lisette BESSON, pharmacienne, de l’aider dans cette tâche difficile. Mes trois sœurs faisant partie de cette expédition, ma mère avait réussi sur le quai de la gare à convaincre in extremis Berthe POSTEL BESSON de m’emmener avec elles au lieu de me laisser partir seul avec mon école. J’avais 6 ans et c’est ainsi que je me suis retrouvé, seul garçon, perdu dans une école de jeunes filles de 10 à 18 ans pour une épopée qui allait durer plusieurs mois à St Gervais la Forêt dans le Loiret.  Et c’est là-bas que j’ai rencontré pour la première fois le père de Berthe et Lisette : Antoine BESSON. Il était venu à Noël rendre visite à ses filles et à tout ce collège en villégiature forcée. Etant l’unique garçon il m’avait remarqué par la force des choses.

A la fin de cet épisode de ce qui s’appelle curieusement “la drôle de guerre” ma famille s’est retrouvée à Paris où nous avons vécu normalement jusqu’au fameux décret sur les juifs et à la rafle du « Vélodrome d’hiver » à laquelle nous avons échappé miraculeusement. Pour passer la ligne de démarcation nous nous étions séparés, les enfants d’un côté, notre père d’un autre et notre mère d’un autre encore. Et c’est là qu’elle avait été arrêtée pour être déportée à Auschwitz le 7 août 1942 par le convoi N° 16 et gazée dès son arrivée.

(Ce que nous avons appris bien des années après)

Mes sœurs et moi avions pu nous réfugier en zone libre chez des amis, eux-mêmes réfugiés, au Puy en Velay en Haute Loire. Pour ne pas trop peser sur ces amis et la zone libre devant disparaître, ma sœur Gisèle qui avait gardé des relations avec la famille BESSON, avait écrit à Antoine BESSON pour lui demander s’il lui était possible de nous accueillir en Savoie pour quelque temps.

Il s’est peut-être souvenu du petit garçon de l’exode et il a immédiatement accepté. Et c’est ainsi que début 1943 ma sœur Gisèle et moi sommes arrivés ici. Antoine BESSON venait de prendre sa retraite de « Postier Ambulant » et était ainsi maître de son temps. J’ai donc passé deux ans et demi sous sa protection, jusqu’à la fin de la guerre. D’abord à l’école communale de MONTMÉLIAN pendant un an et demi puis un an comme interne au lycée de CHAMBÉRY. Je dois avouer que malgré l’angoisse de l’attente et l’incertitude de retrouver ma mère un jour, cette expérience a été une des plus riches et des plus marquantes de mon existence grâce à lui. C’était un savoyard de souche, à la peau dure, droit, épris de justice, dégageant une force sereine face à l’adversité. D’origine modeste, c’était un homme respecté par toute la communauté de MONTMÉLIAN. Fils et petit-fils de sabotier, il avait gardé la même maison où travaillaient ses aïeux et l’ancienne échoppe avec sa vitrine sur le devant avait été transformée en salle à manger pour les grandes occasions. Et bien entendu, il n’avait jamais été question de compensation financière pour notre séjour. Les motivations de notre protecteur étaient tout simplement morales et humaines. Athée et socialiste de la première heure, cela lui semblait tout naturel d’abriter sous son toit des enfants fuyant la persécution nazie. Les risques encourus par lui étaient les mêmes j’imagine que pour toute personne abritant des juifs pendant cette période. A la merci d’une dénonciation. Nous n’avions pas changé de nom. Nous étions sensés être de lointains filleuls venus d’Alsace : PRESSMANN ayant une consonance de cette province. Par ailleurs Mr BESSON avait naturellement transformé mon prénom Elie en « LILI ». Le gars Lili qu’il emmenait partout avec lui sur le cadre de sa bicyclette . Le petit citadin que j’étais  découvrait la terre de Savoie et ses merveilles naturelles. Nos relations étaient idéales. Il avait eu deux filles et n’avait pas encore de petits-enfants. J’étais donc un petit-fils intérimaire mais pour moi c’était à la fois un grand-père et un père qui m’enseignait chaque jour les choses essentielles de la vie.

Il avait un jardin potager. Des vignes. Des ruches. Il élevait des lapins et était chasseur. C’est ainsi qu’à ses côtés j’ai fait mon apprentissage de jardinier, de vigneron, d’apiculteur, de braconnier même, en posant des collets pour les lièvres. Les temps étaient difficiles. A la belle saison, il m’envoyait vendre au marché les légumes de sa production et je partais avec la marchandise et une balance sur une brouette. J’avais un peu honte et en même temps j’étais fier de pouvoir rapporter à la maison les quelques francs de la vente effectuée.  Tant de souvenirs affleurent ainsi à ma mémoire. Les mauvais s’estompent, ne restent que les meilleurs et je ne peux résumer en si peu de temps tous les jours de cette sombre période où s’entremêlaient le rire et les pleurs, l’angoisse et l’espoir.

Au départ des allemands, ma sœur Dora était venue nous rejoindre et à la fin de la guerre, en mai 1945, j’étais encore interne au lycée de Chambéry.  J’ai fini l’année scolaire et je suis resté avec elle à Montmélian jusqu’au mois d’août tandis que notre sœur Gisèle était repartie à Paris pour récupérer notre appartement qui avait été spolié et  pour organiser le retour familial au mieux possible avec notre père qui avait vécu en clandestinité de son côté durant toute la guerre et avait pu ainsi passer entre les mailles du filet.

La paix retrouvée, nous sommes donc retournés chacun vers notre destin mais les liens affectifs avaient été à jamais noués avec Antoine Besson ainsi qu’avec ses filles Berthe et Lisette .

Antoine BESSON a été le premier maire élu à Montmélian dès la libération.

Il a par la suite monté une coopérative des vins avec les communes avoisinantes et c’est ainsi, grâce à lui, que les vins de Savoie ont obtenu le label VDQS .

Nous sommes toujours restés en contact au fil des ans. J’ai conservé toutes ses lettres magnifiques, pleines d’humour et de foi en la vie. Il était ravi de me savoir marié et ayant, à mon tour, deux filles comme lui. Chaque naissance donnait l’occasion de nous retrouver à Montmélian pour fêter et arroser l’événement. Baptême laïc qu’il était heureux et fier d’accomplir à la Roussette ou à l’Apremont de son terroir. Tous ces moments sont gravés à jamais dans nos albums de photos-souvenirs qui seront transmis à nos enfants et petits-enfants.

Depuis sa mort en 1971, son portrait préside sur ma table de travail et chaque jour je peux ainsi croiser son regard.

J’aimerais conclure ce témoignage par une citation d’Albert Camus :

“Oui, il y a la beauté et il y a les humiliés. Quelles que soient les difficultés de l’entreprise je voudrais n’être infidèle ni à l’une ni aux autres”

Je peux affirmer aujourd’hui que si le petit humilié que j’étais il y a 65 ans a appris à connaître et reconnaître la beauté et à croire malgré tout en ce qu’il y a de meilleur en l’homme, c’est pour beaucoup grâce à Antoine Besson.

Gloire, honneur et reconnaissance à toi Antoine Besson, aujourd’hui “Juste parmi les Nations”.

 

                                                                             Elie Pressmann

 

Discours d'Herbert Herz:

 

Remise de la Médaille des Justes   à M. Patrick Postel,  pour son grand-père  Antoine Besson, à la mairie de  Montmélian (Savoie)  le 29 juin 2008.

 

              Allocution de  Herbert  Herz,  délégué  du mémorial Yad Vashem  en Israël.

 

Madame le Maire,

Mesdames Messieurs les membres du Conseil Municipal  

M. le Président dela Communauté juive de Chambéry-Savoie

Mesdames, Messieurs,   chers Amis

 

Au nom du mémorial de la Shoah  YAD  VASHEM  en Israël,  qu j`ai l`honneur de représenter  dans notre région, je tiens tout d`abord à remercier Madame Béatrice Santais, le Maire de Montmélian, pour son accueil chaleureux  et son implication  sans réserve dans  la présente  cérémonie.   A ces remerciements  j`associe le Conseil Municipal.  Je tiens aussi à remercier  Elie et Dora Pressmann  pour leur initiative   auprès de Yad Vashem,  et pour leur beau  témoignage.

        C`est pour exprimer la reconnaissance  des juifs de France  envers un de leurs courageux sauveteurs  du temps de leur détresse ,  que je reviens aujourd`hui en Savoie,  cette terre hospitalière  où, comme le dit le chant des Allobroges,  " le malheur trouva protection".

Pourquoi donc, il y a maintenant plus de 60 ans,  des malheureux, des enfants  notamment, devaient-ils chercher désespérément protection ?  C`est une page de notre passé qu`il faut connaître, car ignorer l`histoire, c`est risquer de devoir revivre ses pires dérapages. La connaissance du passé éclaire le présent et nous aide à préparer un avenir que nous voulons harmonieux. Voici donc un bref rappel d`histoire récente,  pour vous les jeunes qui  êtes parmi nous  et qui n`avez pas connu  la sombre période de l`occupation allemande en France.

 Il a fallu longtemps pour que soit publiquement reconnu dans notre pays la participation très active de l`infâme régime de Vichy au génocide des juifs  perpétré  mèthodiquement  et avec une perfidie  diabolique  par Adolf Hitler  et  ses nazis, en Allemagne et dans tous les pays occupés. En France  les lois scélérates " portant statut des juifs "   furent édictées  par le gouvernement de Pétain dès sa prise de pouvoir, devançant les ordres de l`occupant nazi, foulant au pied  les traditions égalitaires, hospitalières de la République. Dès lors les juifs se virent spoliés de leurs biens, eexclus  de leurs droits de citoyens, astreints en zone occupée au port d`un signe distinctif qui se voulait infament, l`étoile jaune, comme au moyen âge. Immigrés ou Français de vieille souche, ils furent traités en pestiférés, accusés de tous les maux.

              Ce n`était qu`un début. Suivit ce que nous appellerions aujourd`hui  la  purification ethnique. Au cours de la tristement célèbre rafle du Vel d`hiv à Paris, le 16 juillet 1942, onze mille juifs étrangers  furent arrêtés  puis déportés sans retour, dont quatre mille  enfants.

En zone dite libre aussi  des milliers de mes coreligionnaires furent raflés un mois plus tard et livrés aux nazis allemands,  après avoir été parqués dans un camp  dans chaque département, ici en  Savoie,  le camp de Ruffieux., avant l`embarquement en wagons plombés vers une destination inconnue. C`est à dire   vers la mort programmée à l`échelle industrielle.  C`est sans états d`âme que Pétain, Laval et consorts livrèrent  hommes, femmes et enfants  dont le seul  "crime" était d`être nés...juifs.   Haro sur  la différence.  Méfions-nous, cela reste d`actualité.

  Dans ce temps de malheur sous l`occupation, la peste nazie avait contaminé certains esprits de notre pays, la France.  Il s`et trouvé des gens assez ignobles pour dénoncer à la Gestapo  par  haine, par cupidité, des réfugiés  pourchassés, voire des enfants juifs cachés dans des maisons  d`enfants ,  comme  à  Izieu  dans l`Ain,  ou  les Allemands arrètèrent  40 enfants et les  déportèrent sans retour. 

 Heureusement  les Français  dans leur grande majorité  ne mangeaient pas de ce pain là. Un silence complice régnait en général  autour des juifs  en danger ayant  cherché refuge dans nos campagnes, nos montagnes.   Faisant preuve de solidarité, des Français et des Françaises , chrétiens ou  libre-penseurs, se sont engagés activement pour secourir des êtres humains en danger de mort, n`écoutant que leur coeur généreux, bravant les lois et  consignes  d`un gouvernement à la solde de l`ennemi.

 Ces Justes, comme nous les appelons, mirent en danger leur propre liberté, voire leur vie,  et croyez moi  chers amis ce n` est pas  une parole en l`air.  Plusieurs de nos sauveteurs, dans la région Savoie,  moururent en déportation,  comme l`Abbé  Rosay curé de Douvaine  et  Edourd Hudry, secrétaire de la mairie  du Grand-Bornand. .Ceci pour dire que si nous les juifs avons souffert en ce temps là, nous n`avions pas pour autant le monopole de la souffrance.

 Heureusement  tout s`est bien passé pour le jeune  Elie Pressmann qui avait trouvé un refuge sûr  et comme une deuxième famille  auprès d`Antoine  et de Berthe Besson, ici à Montmélian Il me plaît de relever  à ce propos les liens d`amitié durable entre entre  Elie et  Dora Pressmann      et les descendants  de ce couple.  Cette amitié entre sauveteurs et personnes  sauvées  c`est une constante, c`est quelque chose de réconfortant,  je l`ai souvent constaté .

 Que le mérite de votre grand-père, Monsieur Postel, soit aujourd`hui publiquement reconnu par son élévation au titre de Juste parmi les Nations,  n`est que justice.  Je m`en réjouis personnellement.  -    

 La médaille de Juste ,gravée au nom d`Antoine BESSON, que je vais vous remettre, est la marque de la reconnaissance du peuple juif  exprimée par le mémorial YAD VASHEM à Jérusalem en  Israël .   Ce  mémorial est dédié au souvenir des six millions de victimes juives de la barbarie  nazie,   dont hélas un million cinq cent mille enfants. C`est un lieu de pèlerinage et un centre d`études de la Shoah. C`est aussi un monument dédié aux héros de la résistance  que les juifs ont opposée  à la folie exterminatrice de leurs ennemis.     

Le  nom  Yad Vashem   est tiré de la Bible, du livre d`Isaïe  qui nous est commun, à nous,  juifs et chrétiens.   Ou  il est dit :  "je leur ferai un. monument,  Yad,  et un nom, Va-shem, qui ne seront point effacés"

 Dès l` édification du mémorial  par décision de la Knesseth, le  parlement d`Israël, il avait été prévu  d`y honorer  nos sauveteurs.  Ce projet prit corps au lendemain du procès à Jérusalem d`Adolf Eichmann,  l`organisateur en chef du génocide.  Aujourd`hui,  plus que de poursuivre ceux  qui nous ont fait tant de mal,  il nous importe d`exprimer notre gratitude envers tous ceux et celles qui, au temps de notre détresse ,  nous ont tendu une main secourable et nous ont aidés à survivre dans la tourmente, en courant eux-mêmes de grands risques.

 Grâce  aux Justes de notre pays  les trois quarts  des  juifs  pourchassés en  France sous l`occupation,  furent sauvés.   Ces Justes,  hommes et femmes,   ont agi avec courage et abnégation  sans rien demander en échange.  Tantôt par conviction religieuse, tantôt dans un esprit  parfaitement laïque  de solidarité humaine.  C`était le cas d`Antoine Besson.

 Il a fallu longtemps pour qu`on reconnaisse  à ces sauveteurs de vies humaines  la qualité de   vèritables résistants.  Aujourd`hui c`est fait, la Nation  leur a rendu officiellement hommage , il  y a deux ans  lors d`une  belle cérémonie au Panthéon.  Et je fais miennes ces paroles de Jacques Chirac,  alors encore Président de la République :  " Vous êtes, vous les Justes,  la fierté  et l`honneur de la France."

 C`est à présent  un honneur pour moi,  et un plaisir, cher Monsieur Postel,  de rendre hommage  à la mémoire de votre grand-père  en vous remettant , par délégation de l`Ambassadeur d`Israël en France  et au nom de Yad Vashem,  la médaille des Justes et le Diplôme d`honneur   qui  l`accompagne.

 Sur cette médaille, présentée dans son écrin en bois d`olivier,  est gravée cette maxime de nos écritures :  "Qui  sauve une vie   sauve l`univers tout entier ". Car  en effet,  sauver un être humain,  c'est préserver toute sa descendance.                                     

 

                                                                                                                    Herbert Herz

Première photo: photo d'Antoine Besson, de la médaille des Justes et du diplôme d'honneur

Deuxième photo: photo d'Elie Pressmann enfant

Troisième photo: (de gauche à droite) Herbert Herz, Dora et Elie Pressmann, les deux témoins.

Quatrième photo: discours de Herbert Herz

Cinquième photo:  Herbert Herz,délégué de Yad Vashem, remet la Médaille de Juste parmi les Nations  au nom d'Antoine Besson à son petit-fils Patrick Postel.

(cliquer sur les photos pour les agrandir) 

Photo Antoine Besson et médaille des Justes.JPGElie Pressmann enfant témoin remise médaille Besson.jpgRemise de médaille Besson H.Herz et 2 témoins Dora et Elie Pressmann.jpgRemise de médaille Besson discours H.Herz-1.jpgRemise de médaille Besson au petit-fils d'Antoine Besson Patrick Postel.jpg


 

06/07/2008

Résistance juive ou Juifs en Résistance en France occupée

Cet article a paru dans la plaquette éditée par les communautés juives de Genève à l'occasion de l'anniversaire des soixante ans de l'Etat d'Israël.Cliquer une première fois sur  l'image puis une deuxième fois pour l'afficher en grand et pouvoir lire l'article. 

Article Résistance juive Herbert Herz plaquette 60ème-1.jpgArticle Résistance juive Herbert Herz plaquette 60ème-2.jpgArticle Résistance juive Herbert Herz plaquette 60ème-3.jpg


25/06/2008

Remise de la Médaille des Justes dimanche dernier au château de penthes

article justes juin 2008.jpg

17/04/2008

Où trouver ce livre:

Actuellement le livre est disponible en France au prix de 21 euros dans les librairies suivantes:

à Bellegarde (Ain):

Librairie Biguet
31 rue de la République
01200 Bellegarde

à Bourg-en-Bresse (Ain):

Maison de la Presse

à Champigny sur Marne (94):

Librairie du Musée de la Résistance Nationale
Parc Vercors - 88 avenue Marx Dormoy
94501 Champigny sur Marne

à Dijon:

FNAC Dijon
24 rue du Bourg
21000 Dijon

Librairie Grangier
14 rue du Château
21000 Dijon

à Divonne (Ain):

Librairie Page à Page
67 avenue de Genève
01220 Divonne Les Bains

à Evian (Haute-Savoie):

Librairie La Bouquinerie
37 bis rue Nationale
74500 Evian

Maison de la Presse
65 rue Nationale
74500 Evian


à Ferney-Voltaire (Ain):

Librairie Centrale
3, rue de Meyrin, 01210 Ferney-Voltaire

à Gex (Ain):

Librairie L'Archipel des Mots
81 rue du Commerce
01170 Gex

à Grandvilliers (Oise):

t-family: Arial;">Maison de la Presse
8 place Barbier
60210 Grandvilliers

à Grenoble:

Librairie du Musée de la Résistance et de la Déportation
14, rue Hébert, 38000 Grenoble

à Lyon:

Librairie A plus d'un titre
4 quai de la Pêcherie
69001 Lyon

Librairie du Musée de la Résistance et de la Déportation
Avenue Berthelot
69000 Lyon

à Margencel (Haute-Savoie):

Fondation pour la Mémoire de la Déportation
Mme Jacqueline Néplaz
1508 rte de Jouvernex
74200 Margencel

à Nice:

Centre de recherche et d'étude azuréen du Musée de la Résistance Nationale
Nice la Plaine 1 - Bâtiment 2
Boulevard Maurice Slama
06200 Nice

à Paris:

1er arrondissement:

FNAC Forum des Halles (dès le 20 février 2007 environ au rayon histoire)
1/7 rue Pierre Lescot, 75001 Paris

3ème arrondissement:

Librairie Marissal Buecher
42 rue Rambuteau
75003 Paris

4ème arrondissement:


Librairie du Mémorial de la Shoah
17 rue Geoffroy l'Asnier, 75004 Paris

Librairie du BHV Rivoli (en faisant une commande client, à préciser)
14 rue du Temple, 75004 Paris

12ème arrondissement:

Librairie Matière à lire
20 rue de Chaligny
75012 Paris

à Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie):

Maison de la Presse

à Toulouse:

Librairie de la Renaissance
1 allée Marc Saint Saens
31036 Toulouse

au Canada:

Librairie du Vermillon
6600 rue Carrière
Orléans (Ontario)(dans la ville d'Ottawa)


et vous le trouverez en Suisse au prix de 32,50 francs suisses dans les librairies suivantes:

à Genève:

Librairie Ménorah
56 route de Malagnou, Genève

Librairie Le Rameau d'Or
17 boulevard Georges Favon, 1204 Genève

Librairie du Musée d'Art et d'Histoire
rue Charles-Galland 2, 1206 Genève

Librairie Payot Rive Gauche
16 rue du Marché, 1204 Genève

Cern
kiosque Novae

bâtiment restaurant 1

à Yverdon:

Librairie Fahrenheit 451
rue du Lac 44
1400 Yverdon


Il est également en vente par internet:

http://www.editionsdelattre.fr

http://www.librairie-des-alpes-grenoble.com/

http://www.payot.ch/


31/03/2008

Retour sur image au salon du livre Paris 08

1183703469.JPG1160887674.JPGHerbert Herz dédicaçait son livre "Mon combat dans la Résistance FTP-MOI", souvenirs d'un jeune Juif allemand, au salon du livre de Paris le 16 mars 2008.1330570310.JPG